Tatouages nazis : une dentiste licenciée près de Lyon, enquête ouverte

Tatouages nazis : une dentiste licenciée près de Lyon, enquête ouverte
Un patient chez le dentiste. (illustration)

, publié le mercredi 14 octobre 2020 à 15h57

Le parquet a ouvert une enquête pour "provocation à la haine raciale", tandis que la dentiste et son ex-employeur ont porté plainte.

Insigne de division SS, une bouteille du gaz utilisé dans les chambre à gaz... Les tatouages d'une dentiste lui ont valu d'être licenciée par son cabinet après avoir été dénoncée par des militants antifascistes lyonnais.

Le parquet a ouvert une enquête pour "provocation à la haine raciale".

Des photos récupérées sur le compte Instagram de cette jeune femme travaillant dans un cabinet de Sathonay-Camp, près de Lyon, ont été publiées mardi sur Twitter par le "groupe antifa Lyon" et signalées par le site d'information LyonMag. Elles montrent plusieurs tatouages dont un sur la nuque reproduisant la "Totenkopf" (tête de mort en allemand), insigne de la 3e division SS qui a sévi notamment dans les camps de concentration du régime nazi ; et un autre sur le bras reproduisant une bouteille de "Zyklon B", le poison mortel utilisé dans les chambres à gaz.


Les militants d'extrême gauche ont également placardé sur les murs du centre dentaire les photos en question. "Une dentiste nazie est absolument contraire à l'idée même de la médecine", juge le groupe "antifa" sur son site internet. L'intéressée, identifiée nommément par les "antifas", a depuis supprimé son compte Instagram et le cabinet, l'un des trois du groupe Labelia dans la région lyonnaise, a porté plainte mercredi "pour identifier les auteurs de cette campagne de dénigrement". Le groupe déplore "la campagne médiatique menée depuis hier qui, indépendamment de son objet et du but poursuivi, provoque des dégâts collatéraux potentiels inacceptables sur l'image de Labelia".

La dentiste avait déjà porté plainte mardi et une enquête a été ouverte "du chef d'atteinte à la vie privée en vue de troubler la tranquillité d'autrui", selon le parquet de Lyon qui a parallèlement ouvert une enquête pour "provocation à la haine raciale", visant cette fois les tatouages portés par la jeune femme.

La direction de Labelia assure qu'elle n'était au courant "ni de ces tatouages, ni de leur signification" avant leur révélation. Elle a convoqué la dentiste, salariée depuis plus d'un an, appréciée de ses patients et de ses collègues, "pour comprendre précisément le contexte dans lequel ses tatouages ont été réalisés et la signification qu'elle leur attribue". Au vu des explications fournies, le groupe a décidé de s'en séparer "avec effet immédiat", indique un communiqué.

Le Conseil de l'Ordre des chirurgiens-dentistes du Rhône, de son côté, a convoqué la praticienne jeudi. L'instance n'a pas à connaître des opinions politiques de ses membres, "à moins que cela nuise à l'éthique ou à l'honneur de la profession", explique son président, Alain Chantreau. "Ce qui est préjudiciable, c'est de s'afficher avec des tatouages comme ça sur un réseau social ouvert à tout le monde, en se montrant dans sa salle de soins et en tenue professionnelle", considère le responsable. "On a un rappel à l'ordre à lui faire et en fonction de ses réponses, on décidera d'éventuelles poursuites disciplinaires", précise Alain Chantreau.

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