Taïwan: un touriste chinois expulsé pour avoir dégradé un "mur de Lennon"

Taïwan: un touriste chinois expulsé pour avoir dégradé un "mur de Lennon"
Des étudiants taiwanais forment le message "Libérer Hong Hong" lors d'une manifestation de soutien au mouvement pro-démocratie hongkongais, le 11 août 2019 à Taipei

AFP, publié le mercredi 09 octobre 2019 à 09h58

Un touriste chinois a été expulsé mardi soir par Taïwan pour avoir dégradé "un mur de Lennon" érigé en soutien au mouvement pro-démocratie hongkongais, une décision susceptible de provoquer l'ire de Pékin.

Li Shaodong a été expulsé mardi soir pour s'être livré à des "activités délictueuses", a indiqué l'Agence nationale de l'immigration.

Il avait été arrêté la veille alors qu'il déchirait des affiches sur un "mur de Lennon" au sein d'un campus universitaire de Taipei. Ce mur est inspiré d'un symbole de la contestation à Hong Kong, un mur rappelant un autre à Prague en hommage au message pacifiste de John Lennon.

"Notre gouvernement ne tolèrera pas ce type de comportement illicite qui porte atteinte à notre démocratie et notre liberté", a affirmé l'Agence dans un communiqué.

Ce touriste chinois a désormais interdiction de se rendre à Taïwan pendant cinq ans. Il s'agirait de la première expulsion en lien avec les manifestations à Hong Kong.

Des murs dits "de Lennon" ont fleuri à travers l'île, notamment sur les campus universitaires. Comme à Hong Kong, des façades ont été couvertes de post-it multicolores et d'affiches hostiles au gouvernement de Pékin.

Les manifestations qui secouent depuis quatre mois l'ex-colonie britannique bénéficient d'un large soutien à Taïwan. Cependant, les actions visant à soutenir le mouvement hongkongais sont régulièrement la cible de militants pro-chinois.

La Chine continentale et Taïwan sont dirigés par des régimes rivaux depuis 1949 et la fuite sur cette île des nationalistes de Tchang Kaï-chek après leur défaite face aux troupes communistes de Mao Tsé Toung. 

La Chine voit toujours Taïwan comme une partie intégrante de son territoire susceptible d'être reprise par la force. 

Les relations entre Taipei et Pékin sont glaciales depuis l'arrivée à la présidence en 2016 de Tsai Ing dont le gouvernement refuse de reconnaître le principe selon lequel Taïwan fait partie d'une "Chine unique".

La présidente a mis en garde contre toute action visant à "provoquer la démocratie et l'État de droit à Taïwan" et averti que les Chinois en provenance du continent qui s'en prendraient à des Hongkongais ou aux "murs de Lennon" seraient interdits de territoire.

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