Suède: abandon des poursuites contre une mère suspectée d'avoir séquestré son fils

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La porte d'un appartement de Haninge, dans la banlieue de Stockholm, scellée par la police, le 1er décembre 2020, après la découverte d'un homme que sa mère aurait enfermé pendant près de 30 ans
La porte d'un appartement de Haninge, dans la banlieue de Stockholm, scellée par la police, le 1er décembre 2020, après la découverte d'un homme que sa mère aurait enfermé pendant près de 30 ans
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© AFP, Jonathan NACKSTRAND

, publié le jeudi 03 décembre 2020 à 15h24

La justice suédoise a annoncé jeudi abandonner les poursuites contre une mère de 70 ans, un temps suspectée d'avoir séquestré son fils pendant 28 ans, ce dernier n'ayant pas été retenu contre sa volonté, a jugé le parquet.

"Nous n'avons trouvé aucun élément indiquant qu'il ait été enfermé, ligoté ou empêché physiquement de quitter les lieux", a déclaré Emma Olsson, procureure en charge de l'enquête.

"L'homme lui-même a dit que c'était à lui de décider s'il voulait quitter l'appartement", a-t-elle ajouté, précisant que des témoins l'avaient vu occasionnellement dehors.

Lundi, la septuagénaire, qui vivait avec son fils de 41 ans dans un appartement de la banlieue sud de Stockholm, avait été arrêtée, soupçonnée de "privation illégale de liberté" et d'avoir "provoqué des lésions corporelles graves".

Elle avait ensuite été remise en liberté mercredi face à des soupçons jugés "affaiblis" par le parquet.

L'homme avait été découvert par sa soeur, qui ne l'avait pas vu depuis 20 ans, dans l'appartement, décrit comme rempli de détritus et d'une grande saleté. 

La femme a affirmé que la mère avait retiré son frère de l'école à 12 ans et l'avait isolé du monde extérieur pendant 28 ans.

Selon les journaux Aftonbladet et Expressen, le fils présentait des plaies infectées, était sous-alimenté et avait perdu presque toutes ses dents.

D'après le parquet, les examens médicaux n'ont également montré aucun signe de violence.

"Les plaies sont dues à une maladie, des plaies qui se sont infectées", a expliqué Emma Olsson.

Les services sociaux enquêtent désormais sur l'affaire, en particulier sur les rapports selon lesquels le fils aurait été retiré de l'école très jeune avant d'être isolé.

"On peut s'interroger sur son aptitude à être mère, mais c'est maintenant aux services sociaux de se pencher sur cette question", a indiqué la procureure.

"La société doit maintenant aider cet homme et cette femme aussi. Et faire en sorte que nous puissions empêcher que ce genre de choses ne se reproduise", a-t-elle ajouté. 

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