Strasbourg: un homme rejugé pour le meurtre de son épouse qu'il a toujours nié

Strasbourg: un homme rejugé pour le meurtre de son épouse qu'il a toujours nié
Photo du dossier de l'affaire Eric Mosser prise le 25 juin au tribunal de grande instance de Strasbourg

AFP, publié le lundi 25 juin 2018 à 12h06

Le procès en appel d'Eric Mosser, condamné en 2017 à 20 ans de réclusion pour le meurtre qu'il a toujours nié de son épouse de huit coups de couteau au domicile du couple à Illfurth (Haut-Rhin), s'est ouvert lundi à Strasbourg.

Ce chauffagiste âgé de 49 ans avait été reconnu coupable par la cour d'assises du Haut-Rhin à Colmar d'avoir tué Isabelle Mosser, retrouvée gisant dans une mare de sang au domicile du couple le 12 septembre 2013. 

Cheveux rasés de près, lunettes carrées, chemise à carreaux grise rentrée dans un jean bleu, l'accusé s'est installé, impassible, dans le box derrière ses avocats, dont Me Eric Dupont-Moretti, qui avait demandé l'acquittement de son client en première instance "au bénéfice du doute". 

Incarcéré depuis 2014, il a toujours clamé son innocence et affirmé qu'Isabelle Mosser avait été tuée lors d'un cambriolage qui avait mal tourné. 

Le jour des faits, l'accusé avait lui-même alerté les gendarmes qui, sur place, avaient trouvé Eric Mosser "abasourdi et choqué", selon un enquêteur venu témoigner lors de son premier procès.

Les forces de l'ordre avaient constaté que le domicile du couple avait été fouillé, sans trouver de trace d'effraction et l'instruction avait mis en lumière une probable "mise en scène", étant donné les nombreux objets de valeurs laissés sur place.

Des pistes multiples avancées par l'accusé lors de l'enquête n'avaient pas abouti.

Un retard dans son premier rendez-vous de travail le jour des faits, des "histoires inventées" racontées aux enquêteurs pendant ses auditions et l'absence d'éléments permettant de lier le meurtre à un tiers avaient valu à Eric Mosser d'être renvoyé devant les assises de Colmar où il avait été condamné à 20 ans de prison.

Lors du rappel des faits, lundi, le président de la cour a notamment décrit un homme aux nombreuses relations extra-conjugales, "qui mentait régulièrement à son entourage". 

A l'issue, Me Dupont-Moretti s'est élevé contre un énoncé "uniquement à charge" et rappelé "l'absence de témoin visuel" du meurtre d'Isabelle Mosser.

Les débats, qui verront l'audition de 40 témoins et de 10 experts, doivent prendre fin vendredi.

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