Soupçons de financement libyen : après Sarkozy, Woerth mis en examen

Soupçons de financement libyen : après Sarkozy, Woerth mis en examen
Le député LR Eric Woerth a été entendu en 2017 dans le cadre du financement de la campagne présidentielle de 2007.

leparisien.fr, publié le mardi 29 mai 2018 à 22h31

Deux mois après Nicolas Sarkozy, son ancien trésorier de campagne, Eric Woerth, a été mis en examen à son tour ce mardi par les juges, qui enquêtent sur les soupçons de financement libyen de la présidentielle de 2007.

Éric Woerth n'en finira décidément jamais avec la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy, dont il était le trésorier... Blanchi dans l'affaire Bettencourt, qui lui avait valu une double mise en examen, notamment pour « recel de financement illicite de parti politique », le député de l'Oise vient à nouveau d'être rattrapé par la justice. L'actuel président de la commission des Finances de l'Assemble nationale a cette fois été mis en examen pour « complicité de financement illégal de campagne ». Après des soupçons de dons de la part de la milliardaire Liliane Bettencourt, l'héritière de L'Oréal, depuis décédée, il est désormais question de financement libyen présumé.

C'est Jean-Yves Le Borgne, l'avocat du député, qui a révélé, hier par communiqué, la mise en examen de son client à l'issue de son audition par le juge Serge Tournaire. En mars dernier, le magistrat avait mis en examen Nicolas Sarkozy, notamment pour « corruption passive » dans ce dossier ouvert en 2012, qui compte désormais quatre mises en examen dont celle du directeur de campagne Claude Guéant.

Circulation d'espèces

La justice reproche aujourd'hui à Éric Woerth la circulation d'espèces, pendant et à l'issue de la campagne de 2007. Selon son avocat, les enquêteurs reprochent à l'ex-trésorier, le remboursement, à des collaborateurs, de frais pour moins de 4 000 €, et le versement de gratifications, à divers salariés, pour un montant de 7 000 € ». Il y a un an, selon un prérapport de synthèse daté de septembre 2017, le député LR avait reconnu des dons d'argent en espèces sous forme de plis anonymes adressés au QG de campagne ou à l'UMP.

Une trentaine de milliers d'euros au total, selon le député de l'Oise, versés, à l'issue de la campagne, à environ 25 collaborateurs, via des enveloppes contenant de 200 à 2 000 euros. La raison ? « Faire plaisir, gratifier ceux qui avaient particulièrement participé à la campagne ou ceux qui avaient engagé des frais » a expliqué aux enquêteurs celui qui a effectué une grande partie de sa carrière politique en s'occupant des finances du RPR, puis de l'UMP. Néanmoins, les policiers relèvent que dans le dossier Bettencourt, Éric Woerth avait contesté toute circulation d'espèces lors de la campagne de 2007.

«Le choix de ne pas informer le candidat»

La mise en cause d'Éric Woerth dans le dossier libyen signifie que les juges estiment avoir fait le rapprochement avec les sommes qui, selon certains dignitaires du régime de Tripoli et l'intermédiaire Ziad Takieddine, auraient été remises à Nicolas Sarkozy et à son entourage au nom du colonel Kadhafi. Cependant, l'ancien trésorier a pris soin, devant les enquêteurs, de protéger ses supérieurs. Il dit « avoir fait le choix de ne pas informer le candidat, ni son directeur de campagne de cette circulation d'espèces ».

« Est-il raisonnable de rapprocher ces faits, sans aucune preuve, des millions d'euros prétendument versés par Kadhafi ? » interroge Me Jean-Yves Le Borgne.

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