Soupçons de corruption en Afrique : Vincent Bolloré mis en examen

Soupçons de corruption en Afrique : Vincent Bolloré mis en examen
Le milliardaire a été présenté aux juges ce mercredi.

leparisien.fr, publié le mercredi 25 avril 2018 à 23h22

Le milliardaire avait été placé en garde à vue mardi matin pour s'expliquer sur les conditions d'obtention de la gestion de deux ports en Guinée et au Togo.

Vincent Bolloré a été mis en examen mercredi soir. Placé en garde vue depuis mardi à Nanterre, le milliardaire a été déféré ce mercredi devant des magistrats du parquet national financier (PNF). Il a quitté le bureau des juges sans être placé sous contrôle judiciaire.

L'industriel a été mis en examen pour corruption d'agent public étranger et complicité d'abus de confiance et faux et usage de faux. Cette mise en examen intervient dans le cadre d'une enquête ouverte notamment pour corruption d'agents publics étrangers. Elle porte sur la manière dont le groupe Bolloré a obtenu en 2010 la gestion des ports de Conakry, en Guinée, et de Lomé, au Togo.

Deux autres cadres du groupe mis en examen

Le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix, et Jean-Philippe Dorent, responsable du pôle international de l'agence de communication Havas ont également été présentés aux juges. Le premier a été mis en examen sur les mêmes chefs d'inculpation que Vincent Bolloré. Le second pour abus de confiance et faux et usage de faux. Il est placé sous statut de témoin assisté pour corruption d'agent public étranger. Aucun des deux hommes n'est placé sous contrôle judiciaire.

Francis Perez, un proche de Jean-Philippe Dorent dirigeant de Pefaco, une entreprise qui développe des hôtels et des casinos en Afrique, est ressorti libre de sa garde à vue mardi après-midi. Aucune charge n'est retenue contre lui à ce stade.

Quel rôle a joué Havas ?

Les magistrats Serge Tournaire et Aude Buresi tentent de déterminer si le groupe Bolloré a utilisé les activités de conseil politique de sa filiale Havas pour se voir attribuer la gestion des ports de Lomé, au Togo, et de Conakry, en Guinée, via une autre de ses filiales, Bolloré Africa Logistics, anciennement appelée SDV.

SDV avait obtenu la gestion du port de Conakry quelques mois après l'élection d'Alpha Condé fin 2010, et avait remporté la concession à Lomé peu avant la réélection en 2010 de Faure Gnassingbé. Les deux candidats victorieux s'étaient attachés les services d'Havas et de M. Dorent.

Selon Le Monde, les magistrats soupçonnent Havas d'avoir sous-facturé ses services, afin que le groupe Bolloré décroche ces deux contrats en contrepartie.

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