Seine-Saint-Denis: prison ferme requise contre un policier qui avait frappé un homme à terre

Seine-Saint-Denis: prison ferme requise contre un policier qui avait frappé un homme à terre

Après la diffusion de la vidéo amateur sur les réseaux sociaux, le parquet de Bobigny avait saisi l'IGPN et le policier poursuivi pour violences avait été suspendu

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AFP, publié le lundi 20 novembre 2017 à 23h36

La vidéo amateur avait le tour des réseaux sociaux: ce soir-là aux Lilas (Seine-Saint-Denis), un policier avait frappé un homme à terre, l'accusant de lui avoir craché au visage et d'avoir uriné sur sa voiture. Un an de prison, dont six mois fermes, ont été requis à son encontre lundi à Bobigny.

Dans cette affaire où "la police ne protège pas mais agresse", "j'ai honte", a lancé le procureur, Loïc Pageot, qui a aussi requis cinq ans d'interdiction d'exercer à l'encontre du policier, né en 1985, et poursuivi pour violences aggravées avec Incapacité totale de travail (ITT) de moins de huit jours.

Six mois de prison avec sursis et six mois d'interdiction d'exercer ont été requis contre un second policier, filmé aux côtés du premier, sans intervenir. Agé de 27 ans, il est poursuivi pour non-assistance à personne en péril.

Les faits datent du 27 mai 2017. Entre 01H00 et 02H00 du matin, Elvis, la quarantaine, rentre chez lui après une soirée alcoolisée. Il s'arrête dans une sandwicherie, passe commande et va attendre dehors qu'elle soit prête.

Ensuite, les versions divergent. Selon Elvis, le policier arrive, dit: "+contrôle d'identité+". Il répond "Pour quel motif ?". Là, "il m'a poussé par terre, sans explication". Puis il reçoit des coups.

Le policier, qui reconnaît avoir porté les coups, assure au contraire qu'Elvis a uriné sur la voiture, avant de lui cracher au visage. Selon le fonctionnaire, qui craignait d'avoir une hépatite, la salive atteint sa bouche. "Il m'a dit +je suis malade+", "j'ai perdu mes moyens".

Selon les deux policiers, l'homme se relève. Ils s'en vont, s'en prévenir les secours, ni faire pas de rapport sur l'incident. Elvis dit être resté au sol "sonné".

Après la diffusion de la vidéo amateur sur les réseaux sociaux, le parquet de Bobigny avait saisi l'IGPN et le policier poursuivi pour violences avait été suspendu.

Alors que pour le procureur, "aucun élément ne permet d'apporter la preuve" des provocations dénoncées, les avocats des policiers, qui ont dénoncé des peines requises "disproportionnées", ont mis en avant des témoignages d'employés de la sandwicherie allant dans le sens des dires du policier.

A cette même audience au tribunal de Bobigny, une autre affaire, impliquant aussi un fonctionnaire du commissariat de Lilas, a montré le rôle joué par les vidéos amateurs dans les procédures de violences policières. 

Cette fois, c'est un policier qui est poursuivi pour violences avec ITT de plus de huit jours, pour avoir décoché deux coups de poing à un lycéen, en béquilles en raison d'un handicap, lors d'un contrôle en septembre 2016.

L'affaire avait été classée, avant que la vidéo ne soit portée à la connaissance du parquet.

Le fonctionnaire, contre qui trois mois de prison avec sursis et quatre mois d'interdiction professionnelle ont été requis, est agripé par le jeune de 15 ans. Il n'a pas à ce moment connaissance de son handicap et dit avoir porté les coups par "réflexe".

"C'est la vidéo miraculeuse", qui ne dure que "quatre secondes", "on a pas le point de départ", a dénoncé Anne-Laure Compoint, l'avocate du fonctionnaire.

Décision le 18 décembre pour les deux affaires.

 
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