Scène antisémite dans le métro parisien : "J'étais très contente de mon esclandre", témoigne la vieille dame

Scène antisémite dans le métro parisien : "J'étais très contente de mon esclandre", témoigne la vieille dame
Un métro automatique du réseau parisien, le 6 août 2017

publié le lundi 24 décembre 2018 à 14h00

La vieille dame prise à partie dans une scène antisémite survenue dans le métro parisien s'est confiée auprès du journaliste qui avait témoigné sur les réseaux sociaux.

Elle se "dit au-dessus de tout ça". Samedi 22 décembre, dans une rame de la ligne 4 du métro parisien, une vieille dame a fait l'objet d'une agression verbale à caractère antisémite commise par trois hommes vêtus de gilets jaunes.

La scène a été racontée dans une série de tweets par un journaliste de 20 Minutes, dont le témoignage a été massivement partagé. Le lendemain, la victime s'est confiée auprès du même journaliste.



"Je n'ai jamais imaginé que j'allais les raisonner", raconte-t-elle à propos de ces individus qui faisaient des quenelles, le geste controversé popularisé par le polémiste Dieudonné. Sur le moment, elle leur explique tout de même qu'il s'agit d'un "geste antisémite", qu'elle est juive et que son père a été déporté à Auschwitz.

C'est alors qu'un des hommes lui hurle plusieurs fois : "Dégage la vieille". "Je lui ai demandé d'aller jusqu'au bout et de dire 'dégage la vieille juive'", commente-t-elle dans le journal.

"Des propos d'ivrognes"

"J'étais très contente de mon esclandre. Si je m'étais sentie en danger, je ne l'aurais pas fait", ajoute-t-elle, estimant que ces individus tenaient des "propos d'ivrognes" et qu'il s'agissait "sans doute de sympathisants du Front national" qui "n'ont pas d'éducation".

Affirmant avoir été "très calme" après être descendue à son arrêt, la vieille dame regrette ne jette pas l'opprobre sur les voyageurs, tel que le journaliste, qui n'ont pas réagi. "Ils ont estimé que ce n'était pas la peine de leur répondre. (...) Et puis pour des trucs plus graves que ça, ils ne se bouge pas, donc...", conclut-elle.

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