"Savoir si mon fils est gay" : un éditeur de logiciels espions fait polémique

"Savoir si mon fils est gay" : un éditeur de logiciels espions fait polémique
Le drapeau arc-en-ciel symbolise la cause LGBT. (Illustration)

Orange avec AFP, publié le jeudi 24 août 2017 à 14h13

L'entreprise informatique Fireworld liste toute une série de clichés pour aider les parents à déterminer l'orientation sexuelle de leur fils. Et si ça ne suffisait pas, elle propose un logiciel pour l'espionner.

"Il fait attention à ce qu'il porte", "il se coiffe pendant des heures", "il s'est fait percer une boucle d'oreille à droite ou un piercing à l'arcade, à la lèvre", et "les chanteuses divas sont une des ses passions"...

Il s'agit des quelques "indices subtils" qui doivent indiquer aux parents que leur fils est gay selon Fireworld, comme l'a repéré l'association de soutien aux victimes de l'homophobie L'Amicale des jeunes du Refuge.



Intitulé "Savoir si mon fils est gay", cet article publié par la société éditrice de logiciels espions, et supprimé depuis, va plus loin. L'auteur souligne que si votre fils "est attiré par les hommes", "vous pourrez dire "adieu à d'éventuels petits-enfants", et conclut ainsi : "Acceptez-le plutôt comme il l'est, car tant qu'il ne se met pas à devenir maniéré ou à se mettre du fard à paupière, il est aussi normal qu'un autre ado du même âge."

SEULE SOLUTION POUR ÊTRE SÛR : PIRATER SON ORDINATEUR

Si malgré tous ces conseils, les parents n'arrivent toujours pas à savoir avec certitude quelle est l'orientation sexuelle de leur fils, la société leur propose d'espionner leur enfant grâce à leur logiciel espion Fireworld Controller qui permet de pirater son ordinateur à distance et accéder à son compte Facebook, ses photos et historiques Internet. "Espionner ordinateur est donc votre arme la plus puissante pour obtenir suffisamment de preuves concrètes afin de savoir si mon fils est gay ou pas", explique le site.

"Ceci démontre qu'homophobie et sexisme prennent racines dans les mêmes stéréotypes de genre. Nous les combattons ensemble", a dénoncé sur Twitter Malène Schiappa, la secrétaire d'État en charge de l'Égalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations LGBT.



Contacté par France Info, Fireworld a expliqué que "Cet article avait été écrit par un extérieur et reflète pas les idées de Fireworld. Nous contacterons l'auteur de l'article dès son retour de vacances, à savoir le 27 août." Auprès, de Libération, l'entreprise a donné une version différente : l'article avait pour "seul but d'améliorer le référencement internet sur les moteurs de recherche" et n'était pas destiné "à être lu par des humains". "Nous présentons nos excuses les plus sincères à tous ceux et à toutes celles qui auraient pu se sentir blessés par ces contenus", a-t-elle également assuré.

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