Sarthe: 20 ans de réclusion pour avoir fait assassiner son ex-mari

Sarthe: 20 ans de réclusion pour avoir fait assassiner son ex-mari
An allegory of Justice is pictured in front of lawyer dress in the Maison Bosc store, which has been manufacturing legal and academic dress in France and abroad since 1845, on December 4, 2013 in Paris. AFP PHOTO / FRANCK FIFE

AFP, publié le vendredi 08 février 2019 à 18h46

Une femme accusée d'avoir commandité l'assassinat de son ex-mari au Mans en juin 2015 a été condamnée à 20 ans de réclusion vendredi par les assises de la Sarthe.

A l'issue de sept heures de délibération, les jurés de la cour ont reconnu Touria Rafjaoui, 53 ans, coupable de "complicité d'assassinat". Accusée d'avoir fait assassiner son ex-mari, cette femme aux longs cheveux noirs et au teint mat était jugée depuis le 28 janvier aux côtés de Jean-François Ornano, 44 ans, co-accusé dans ce procès.

Visage creusé et cheveux soigneusement peignés, cet homme d'origine corse a été condamné à 15 ans de réclusion, reconnu lui aussi coupable de "complicité d'assassinat". 

Le parquet avait requis plus de 30 ans de réclusion à l'encontre des deux co-accusés. Avant l'ouverture du procès, tous deux s'étaient dits innocents.

Le 29 juin 2015, Frédéric Guittard, 51 ans, ex-cadre dirigeant d'une société de charcuterie artisanale à Connerré (Sarthe), avait été retrouvé mort, tué par trois balles, dans son appartement complètement retourné.

Selon l'enquête, un différend sur le partage des biens et sur le montant des pensions à verser aux enfants avait éclaté entre Frédéric Guittard et sa compagne.

Celle-ci aurait fait appel à ses deux amis corses et cherché à récupérer un fichier compromettant sur sa vie sexuelle, que son mari, avec qui elle fréquentait des clubs échangistes, menaçait de révéler.

Mais après 13 jours de débats, la cour n'est pas parvenu à désigner le tireur.

A l'origine, trois accusés avaient été renvoyés devant les assises. Mais, l'une des co-accusés, Magalie Pinardaud, avait été retrouvée morte dans son appartement à Ajaccio dix jours avant le procès, probablement une mort naturelle ou un suicide, selon le parquet local.

Mardi, Jean-François Ornano est sorti pour la première fois de son silence en accusant Magalie Pinardaud d'avoir tiré. Debout face aux jurés, il a expliqué que Touria, l'ex-femme de Frédéric Guittard, avait fait "plusieurs victimes".

"Les jurés ont totalement adhéré à l'analyse des intérêts de Jean-François Ornano: ils disent qu'il s'est associé à Magalie Pinardaud dans ce projet de monter au Mans pour mener une opération. Mais ils estiment aussi que ses aveux en garde à vue ne tiennent pas", a souligné Me Pascal Rouiller, défenseur de l'accusé corse.

"L'arme, le placement du corps ne correspondent pas aux analyses balistiques et médico-légales, là où les aveux de Magalie Pinardaud tiennent. Il ne peut pas être prouvé que c'est Jean-François Ornano le tueur. Il est donc seulement complice", a précisé l'avocat.

La famille qui espérait qu'Ornano soit désigné comme principal coupable du meurtre s'est montrée effondrée à l'énoncé du verdict, exprimant son incompréhension. "La famille ne comprend pas pourquoi elle prend plus que lui", a réagi Me Jonathan Proust, avocat de la famille. "Pour la famille, c'est Ornano qui a tiré".

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