Sarcelles: un policier tue trois personnes avant de se suicider

Chargement en cours
 Une voiture de policiers aux abords du lieu ou l'un des leur collègue a tué trois personnes avec son arme de service et blessé grièvement sa petite amie avant de se suicider, le 19 novembre 2017 à Sarcelles près de Paris

Une voiture de policiers aux abords du lieu ou l'un des leur collègue a tué trois personnes avec son arme de service et blessé grièvement sa petite amie avant de se suicider, le 19 novembre 2017 à Sarcelles près de Paris

1/2
© AFP, Thomas SAMSON
A lire aussi

AFP, publié le dimanche 19 novembre 2017 à 19h57

Un policier de 31 ans, "bon fonctionnaire" apprécié de sa hiérarchie, et qui était en instance de séparation, a tué samedi soir à Sarcelles (Val-d'Oise) trois personnes avec son arme de service et blessé grièvement sa petite amie avant de se suicider.

Au lendemain de ce drame, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a affirmé que les policiers pourraient rester armés hors service, une disposition prise après les attentats de 2015.

Il est 20H45 samedi quand Arnaud Martin, gardien de la paix au sein de la Compagnie de Sécurité et d'Intervention à Paris et résident à Eaubonne (Val-d'Oise), se rend après son service à Sarcelles, dans la banlieue parisienne.

Là, il retrouve sa petite amie "qui l'attendait pour discuter de leur séparation dans sa voiture", à proximité du pavillon de ses parents, selon un communiqué du procureur de la République de Pontoise, Eric Corbaux. 

La discussion s'envenime, le fonctionnaire sort son arme et tire, la blessant grièvement au visage. L'état de la jeune femme est stabilisé et son pronostic vital n'était plus engagé dimanche en fin d'après-midi, a précisé le parquet. 

Arnaud Martin abat ensuite deux personnes qui auraient tenté de s'interposer. D'abord un homme âgé de 30 ans, qui écoutait de la musique dans sa voiture et "venait voir ce qui se passait". 

Puis un autre passant, âgé de 44 ans. Ce dernier "était sorti acheter des cigarettes. Il s'apprêtait à souffler ses bougies d'anniversaire", a témoigné sa belle-soeur, Noria Madani: "Il a dit à ses enfants qu'il revenait tout de suite et la police est venue dire qu'il ne reviendra plus jamais..."

- "Drame de la police" -

Le gardien de la paix se rend ensuite au pavillon de la famille de sa petite amie, à une dizaine de mètres de là, où il tue le père de famille, blesse grièvement au thorax la mère tandis que la soeur de la jeune femme reçoit une balle dans le fémur. Dimanche soir, la mère se trouvait toujours dans un état critique.  

Le policier, qui a également abattu le chien de la famille, est "retrouvé mort d'une balle dans la tête, son arme à la main, au fond du jardin", selon le parquet.

La police judiciaire de Versailles, qui est chargée de l'enquête, devra notamment s'attacher à savoir si le policier avait prémédité son geste et menacé sa petite amie dans les jours précédant les faits. A ce stade, "il n'y a aucun élément de cet ordre", a confié à l'AFP une source proche de l'enquête. 

Le profil du policier ne laissait pas non plus augurer un tel drame. "Selon ses chefs de service, c'était un bon fonctionnaire, ancien gendarme mobile très rigoureux", a ainsi précisé le procureur de Pontoise. 

"C'est quelqu'un qui, à un moment donné, déraille totalement. Comme il est armé, il peut tirer. C'est le drame de la police", a relevé Gérard Collomb sur Franceinfo-France Inter-Le Monde. 

Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, les policiers avaient obtenu le droit de garder leur arme de service en permanence.

Une disposition pérennisée et encadrée par plusieurs circulaires depuis l'été 2016: les agents souhaitant porter leur arme hors service doivent en faire la déclaration et avoir effectué au moins trois entrainements de tir par an. A tout moment, le chef de service peut s'y opposer.

A Sarcelles, Noria Madani se demandait dimanche ce qu'elle allait dire à ses neveux "inconsolables", de 7, 11 et 14 ans: "On leur dit que la police est là pour les protéger et un policier tue leur père, un homme qui est mort d'avoir voulu sauver une femme".

Au bar-tabac comme à la boulangerie, toutes les conversations tournaient autour du drame, qui intervient dans un contexte de recrudescence des suicides dans les rangs des forces de l'ordre. Depuis le début de l'année, plus de 45 policiers et 16 gendarmes se sont donné la mort, selon les données du ministère de l'Intérieur.

 
400 commentaires - Sarcelles: un policier tue trois personnes avant de se suicider
  • pourquoi équiper les policiers d'armes?ils n ont déjà pas le droit de l utiliser en service (ce privilège est réservé aux truands)

  • arrête de laissé porté des armes après le service
    pourquoi eux se n est que des gens comme les autre
    leurs vies ne valle pas plus cher que la notre et nous on a pas le droit au port d arme
    pour se d'défendre?????

  • Je rejette catégoriquement l'idée selon laquelle les policiers doivent être armés hors service,l'arme à feu doit servir sur le lieu de travail,et un point c'est tout.

    le policier est censé intervenir dans toutes les situations où il serait amené à intervenir s'il était en service, voilà la raison. !ce sont des professionnels habitués à être confrontés à des situations à risque Là, il s'agit d'un cas particulier d'un policier, certes, mais surtout d' un homme qui a pété les plombs. je n'excuse pas son geste, bien entendu !

  • Petit un, c'est un policier et on en fait tout un plat. Ce serait un individu, comme moi ou vous, ceci serait un simple fait divers, comme il y en a toujours existé, dans les cas de rupture sentimentale. Petit deux, Rien a voir avec sa profession, sinon qu'il n'a pas eu de difficulté pour se procurer une arme.
    Petit trois, être policier surtout en ce moment n'est pas une profession facile. Se fait insulter, se faire cracher dessus et j'en passe.....il y a de quoi ne pas le supporter!
    Regarder notre société et toutes ses incivilités, il n'y a plus de valeurs, de retenue, d'estime et c.....

  • Etant données les extraordinaires souffrances subies par les fonctionnaires de la police, étant donnée la perte de limites à tous niveaux, étant donnée l'absence d'une quelconque honnêteté intellectuelle où que ce soit, étant donnée l'universelle escalade de violence et de folie, on peut s'étonner que de semblables drames ne soient pas plus fréquents. Pleurons pour toutes les victimes prises dans l'engrenage d'une frénésie de destruction.
    Non je n'appartiens pas à la police mais je me demande comment on peut y appartenir sans devenir fou.

    Très bien dit !!!

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]