Rodez: première journée du procès d'un chauffard qui avait mortellement percuté un policier

Rodez: première journée du procès d'un chauffard qui avait mortellement percuté un policier

Le procès d'un automobiliste qui, sous l'emprise du cannabis et en excès de vitesse, avait mortellement percuté un policier de 36 ans, en avril 2015 dans l'Aveyron après avoir tenté d'échapper à un contrôle routier, s'est ...

AFP, publié le mardi 03 avril 2018 à 20h43

Le procès d'un automobiliste qui, sous l'emprise du cannabis et en excès de vitesse, avait mortellement percuté un policier de 36 ans, en avril 2015 dans l'Aveyron après avoir tenté d'échapper à un contrôle routier, s'est ouvert mardi à Rodez.

Jérémy Munoz, âgé aujourd'hui de 30 ans, comparaît pendant quatre jours devant la cour d'Assises de l'Aveyron.

Renvoyé à l'origine pour "meurtre d'une personne dépositaire de l'autorité publique", il est finalement jugé pour "avoir volontairement commis des violences ayant entraîné la mort, sans intention de la donner", sur un fonctionnaire de police dans l'exercice de ses fonctions et avec une arme, en l'occurrence une automobile. 

Lors de la première journée d'audience consacrée à la personnalité de l'accusé, ce dernier a évoqué sa "vocation pour les pompiers" et ses sept années passées dans l'armée. Il a également confessé son addiction au cannabis et sa détention. 

"La vie lui a fait un croche-patte" a ensuite lancé la mère de Jérémy Munoz aux jurés après avoir présenté ses condoléances à la famille du policier. "Il ne l'a pas fait volontairement. Il me l'a dit et je le crois", a également affirmé le père de l'accusé. 

Lors des obsèques du sous-brigadier décédé, Benoît Vautrin, marié et père d'un jeune enfant, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bernard Cazeneuve avait élevé le policier au rang de lieutenant. Le ministre avait alors dénoncé "la bêtise criminelle" du chauffard. 

Le 10 avril 2015, dans la commune d'Aubin, deux équipes de deux policiers participaient à une opération de contrôle de vitesse. Benoît Vautrin, resté seul, avait vu passer une puissante berline allemande roulant à 94 km/h, dans un secteur limité à 50 km/h, et avait alerté ses collègues. 

Mais Jérémy Munoz avait fait demi-tour et était reparti à vive allure. Les policiers avaient découvert quelques minutes plus tard Benoît Vautrin gisant au sol lourdement blessé. 

Le chauffard s'était arrêté un peu plus loin et avait tenté de lui prodiguer les premiers soins en vain. Des gestes qui lui évitent de comparaître pour "meurtre".

L'enquête révèlera que le policier a été projeté à plus de 58 mètres du point d'impact avec la voiture qui circulait à plus de 100 km/h. Elle met aussi au jour la consommation de cannabis du chauffard, Jérémy Munoz, une demi-heure avant l'accident.

Un couple de riverains, qui a vu la scène de son balcon, affirmera aux enquêteurs que M. Vautrin était positionné au milieu de la chaussée pour intercepter le conducteur. Jérémy Munoz déclarait de son côté avoir voulu fuir et tenter d'éviter le policier, et assurait même que celui-ci s'était "jeté" sur son véhicule. Une affirmation contredite par le passager qui avait enjoint son ami de s'arrêter. 

Jérémy Munoz encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu vendredi.

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