Rassemblements en soutien à "Julie" qui accuse des pompiers de l'avoir violée

Rassemblements en soutien à "Julie" qui accuse des pompiers de l'avoir violée
Des membres du mouvement féministe Les Colleuses, à Paris le 13 décembre 2020

, publié le lundi 08 février 2021 à 20h24

Plus de 300 personnes se sont réunies dimanche place Saint-Michel à Paris pour demander à la Cour de cassation de requalifier en "viol" des faits présumés d'"atteinte sexuelle" sur une mineure en 2009, pour lesquels des pompiers sont mis en examen. 

Ce rassemblement, à quelques rues du Palais de justice, a été organisé avant l'examen mercredi par la Cour de cassation du pourvoi de Julie (prénom d'emprunt), qui demande que ses agresseurs présumés soient jugés pour viol.

Sa demande avait été rejetée le 12 novembre par la cour d'appel de Versailles.

L'étape de mercredi est "quelque part le dernier espoir", a estimé Nelly Martin, manifestante de 69 ans, qui soutient Julie "depuis deux ans".

Emu, le père de la jeune femme s'est dit "extrêmement touché" par ces soutiens. "Ca nous va droit au cœur, car quand on a déposé plainte il y a dix ans, on était méprisés", a-t-il dit à l'AFP. "Les choses ont clairement bougé dans la société et même si certains juges sont réticents à cette évolution, aujourd'hui on entend plus la parole des victimes".

Plusieurs militantes féministes participaient au rassemblement, à l'instar de l'élue EELV parisienne Alice Coffin, pour qui cette affaire est le reflet d'"un système général, en l'occurrence ici de la justice, qui est complice de la culture du viol".

"Je ne comprends pas qu'on puisse parler du consentement d'une jeune fille de 14 ans", s'est pour sa part insurgée Cécile Jammet, manifestante de 28 ans.

D'autres rassemblements ont été organisés en France, notamment devant le tribunal de Versailles, à l'appel du collectif NousToutes. Ou encore à Strasbourg devant le tribunal judiciaire, où les manifestants scandaient "Violeurs partout, justice nulle part", "La victime c'est Julie" ou encore "Julie, on te croit".

Agée de 13 à 15 ans lors des faits, Julie suivait un traitement médicamenteux lourd qui nécessitait de nombreuses interventions des pompiers: plus de 130 entre 2008 et 2010.

En 2010, elle a accusé un sapeur-pompier, avec lequel elle avait "une relation", selon l'ordonnance du juge d'instruction, de lui avoir imposé des rapports sexuels, notamment à une occasion en présence de deux collègues.

Ces trois pompiers avaient été initialement mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineure de 15 ans en réunion, une infraction passible des assises. Mais en juillet 2019, le juge avait finalement requalifié les faits en "atteintes sexuelles, sans violence, contrainte, menace ni surprise sur mineure de quinze ans par plusieurs personnes" et ordonné leur renvoi en correctionnelle.

Au cours de l'instruction, Julie a exprimé de "façon réitérée son absence de consentement", selon l'ordonnance. Les trois pompiers ont eux "constamment assuré" que Julie "n'avait manifesté aucune réticence".

La famille de Julie accuse au total une vingtaine de pompiers de viols. "Les 17 autres pompiers n'ont jamais été mis en examen", a dénoncé sa mère dans une pétition en ligne.

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