Racket de dealers à la Goutte d'Or: 8 personnes dont 6 policiers jugés en novembre

Racket de dealers à la Goutte d'Or: 8 personnes dont 6 policiers jugés en novembre
Huit personnes, dont six policiers de la brigade anticriminalité du XVIIIe arrondissement de Paris, seront jugées en correctionnelle à partir du 3 novembre dans une affaire de racket de dealers

, publié le jeudi 24 septembre 2020 à 13h07

Huit personnes, dont six policiers de la brigade anticriminalité du XVIIIe arrondissement de Paris, seront jugées en correctionnelle à partir du 3 novembre dans une affaire de racket de dealers, a appris jeudi l'AFP de source judiciaire, confirmant une information du Monde.

Les juges d'instruction chargés de cette enquête ont ordonné cet été le renvoi devant le tribunal de ces huit personnes, impliquées à divers degrés dans ce dossier qui a secoué la police parisienne.

Le principal protagoniste, un brigadier de la BAC du commissariat du XVIIIe surnommé "Bylka" (Kabyle en verlan) par les dealers du quartier de la Goutte d'or à Paris, comparaîtra notamment pour "corruption passive commise par personne dépositaire de l'autorité publique", ainsi que pour "transport, détention, acquisition, offre ou cession de stupéfiants".

Il sera aussi jugé pour "faux en écriture publique", "vol" et "détournement d'un fichier de données à caractère personnel".

A ses côtés comparaîtront cinq autres agents de police, presque tous accusés de "faux en écriture publique" et, pour certains, de trafic de stupéfiants ou encore de "violences par personne dépositaire de l'autorité publique".

Deux autres hommes, non policiers, sont aussi renvoyés devant le tribunal pour trafic et détention de stupéfiants. L'un d'eux devra aussi répondre de "corruption active".

Tout était parti d'une dénonciation pour des soupçons de corruption visant "Bylka", "considéré par la justice comme l'organisateur des malversations", selon le site Les Jours qui avait révélé en juin 2019 l'affaire.

Le parquet de Paris avait ouvert en 2018 une enquête préliminaire puis une information judiciaire, confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices". 

Au moment de la mise en examen du principal protagoniste, une source proche du dossier avait indiqué qu'il était soupçonné, avec des collègues, d'avoir "protégé des trafiquants de stupéfiants contre rémunération" et d'avoir blanchi l'argent ainsi obtenu. Les faits auraient été commis pour certains à partir de 2014 et jusqu'à l'été 2019.

Au site Les Jours, des dealers du quartier, "déjà passés par la case prison", avaient affirmé que Bylka leur avait "déjà proposé de +prendre l'assurance+ pour ne plus être arrêtés" - en clair, de payer.

L'avocat du brigadier, Me Patrick Maisonneuve, a assuré que les accusations de corruption et de trafic de stupéfiants seraient âprement discutées lors du procès. "Nous allons les contester", a-t-il déclaré à l'AFP, dénonçant une "ambiance délétère". 

"La hiérarchie est informée d'un certain nombre de choses et à partir du moment où il y a des résultats, on se contente des résultats".

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