Quand le grand banditisme co-gérait l'OM

Quand le grand banditisme co-gérait l'OM
L'agent Jean-Luc Barresi, soupçonné d'être lié au milieu du banditisme méridional, fait partie des nombreuses personnes mises en examen dans ce dossier.
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leparisien.fr, publié le jeudi 10 mai 2018 à 18h38

L'enquête sur les transferts douteux au sein de l'Olympique de Marseille démarrée en 2011 est toujours à l'instruction.

La physionomie actuelle de l'Olympique de Marseille a changé. Actionnaires, dirigeants, entraîneurs, joueurs, il ne reste plus rien de cette période où la justice soupçonne le club d'avoir été mis sous coupe réglée par le grand banditisme.

C'est d'ailleurs par le biais d'une enquête criminelle que les policiers se sont intéressés à l'OM. L'assassinat d'une figure du milieu corse, Jacques Butafoghi, les a en effet emmené sur les chemins tortueux des agents de joueurs plus ou mois officiels qui ont fait du club une « vache à lait » du grand banditisme.

Le dossier instruit depuis 2011 à Marseille est copieux et toujours pas bouclé. On y croise pêle-mêle des anciennes et des actuelles gloires du foot comme Ben Arfa, Gignac ou Valbuena, ou d'anciens dirigeants comme Jean-Claude Dassier, Pape Diouf ou Vincent Labrune, mais aussi et surtout des noms qui sentent la poudre : Roland Cassonne, Ange-Toussaint Federici ou Jean-Luc Barresi.

Une industrie de l'extorsion de fonds

Les enquêteurs soupçonnent certains membres éminents du milieu corso-marseillais d'avoir monté une véritable industrie de l'extorsion de fonds à l'ombre du club mythique. Agents mis sous pression, hommes de paille, pressions en tout genre et menaces à peine voilées, rien ne manquait à l'époque pour que les voyous prennent leur « dîme » sur les transferts via le versement de rétro-commissions.

Comme le résume une synthèse de la police judiciaire versée au dossier : « Les sommes considérables circulant dans le football professionnel ne peuvent échapper à l'appétit insatiable du milieu à l'affût d'argent facile ». Les liaisons dangereuses de certains comme José Anigo, alors directeur sportif du club avec des personnes peu recommandables faisant le reste.

A l'arrivée de nombreux transferts ont fait l'objet de montages occultes, agrémentés de faux documents, et les finances du club ont été allégées de plusieurs millions d'euros pour enrichir de pseudo-intermédiaires. Dans ce dossier, plusieurs anciens acteurs de l'époque ont été mis en examen comme l'ex-président Jean-Claude Dassier, l'ancien directeur sportif José Anigo et d'autres cadres en poste à cette période comme Antoine Veyrat.

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