Quadragénaire "massacré" en 2015 à Libercourt: 20 et 15 ans de réclusion pour les deux principaux accusés

Quadragénaire "massacré" en 2015 à Libercourt: 20 et 15 ans de réclusion pour les deux principaux accusés
Deux cousins ont été condamnés à Douai à 20 et 15 ans de réclusion criminelle pour la "tentative de meurtre aggravée" en 2015 d'un quadragénaire, un troisième homme obtenant un an ferme et quatre ans de sursis pour ...

, publié le vendredi 12 mars 2021 à 18h39

Deux cousins ont été condamnés vendredi à Douai à 20 et 15 ans de réclusion criminelle pour la "tentative de meurtre aggravée" en 2015 d'un quadragénaire, un troisième homme obtenant un an ferme et quatre ans de sursis pour complicité, a-t-on appris auprès des avocats.

Mohamed Ainaoui et Bilal Belgherbi, âgés de 19 et 20 ans au moment des faits, ont été reconnus coupables d'avoir, dans la nuit du 27 au 28 mai 2015, sauvagement passé à tabac un père de famille venu chercher ses chiens dans leur cité de Libercourt (Pas-de-Calais), avant de brûler sa voiture dans un champ de Phalempin (Nord). 

Sorti du coffre in extremis par l'un des accusés, Fabien Lherbier avait été retrouvé quelques mètres plus loin, dénudé, brûlé au deuxième degré sur 20% du corps et presque mort. Il est resté invalide à 66% et a perdu en partie la mémoire, notamment sur cette nuit-là.

Toute la semaine comme depuis le début de l'instruction, les deux cousins ont nié les faits.

La Cour a suivi les réquisitions du parquet. Elle a condamné Mohamed Ainaoui, décrit jeudi par l'avocat général comme "le meneur" et "le plus dangereux", à 20 années de réclusion criminelle.

Selon l'accusation, reposant en grande partie sur les aveux du troisième homme, M. Ainaoui avait porté les premiers coups, avant d'être rejoint par son cousin et que tous deux ne "s'acharnent sur la victime" à coups de pied et de poing. 

"C'était un caïd", le "roi du quartier", et lorsqu'il a rencontré M. Lherbier sur son territoire, "il l'a massacré gratuitement", avait tancé jeudi l'avocat général, y voyant une "volonté de détruire".

Bilal Belgherbi, jugé coupable d'avoir "fracassé une bouteille sur le crâne" du quadragénaire et d'avoir suivi son cousin dans ce déchaînement de violence, a été condamné à 15 ans. 

Le troisième accusé, Mohamed Boumaaraf, âgé de 22 ans au moment des faits, a été condamné à cinq ans de prison dont quatre avec sursis probatoire, pour s'être rendu complice en allant notamment remplir un bidon d'essence. Interpellé grâce à la vidéosurveillance d'une station service, il avait tout raconté aux enquêteurs.

Il assure être tombé par hasard sur les cousins, réputés pour leur violence, puis avoir été "contraint" d'aller chercher l'essence et de les accompagner à Phalempin. "Il a été soumis à la peur", avait relevé l'avocat général jeudi, considérant que ce jeune n'avait ni pris part aux violences physiques ni eu l'intention de tuer.

"C'est un verdict d'impunité", alors que Fabien Lherbier attendait "des peines exemplaires", prenant réellement en compte la souffrance des victimes, a réagi auprès de l'AFP l'un de ses avocats, Me Damien Legrand, "surpris que la vie d'un homme vaille, aux yeux des représentants de la société, ce prix-là".

"M. Belgherbi clamait son innocence dans cette affaire, (...) au regard des faits poursuivis, ces peines sont tout de même significatives", et il doit encore réfléchir à la possibilité d'un appel, a déclaré son avocat Julien Delarue. Contacté, l'avocat de M. Ainaoui n'était pas joignable dans l'immédiat. 

M. Boumaaraf ressort lui "libre, et soulagé car il a été cru par la Cour d'assises", s'est réjoui son conseil Me Quentin Lebas.

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