Pyrénées-Orientales : collision entre un bus scolaire et un TER, 4 enfants décédés

Pyrénées-Orientales : collision entre un bus scolaire et un TER, 4 enfants décédés
Une collision très violente entre un car scolaire et un train régional a eu lieu ce jeudi 14 décembre un passage à niveau à Millas (Pyrénées-Orientales).

Orange avec AFP, publié le jeudi 14 décembre 2017 à 22h58

TRANSPORTS. Une collision entre un TER et un bus scolaire a eu lieu sur un passage à niveau jeudi après-midi à Millas, près de Perpignan.



Drame dans les Pyrénées-Orientales jeudi 14 décembre. Vers 16h10, un TER circulant entre Perpignan et Villefranche-de-Conflent a percuté un bus scolaire transportant une vingtaine d'enfants du collège de Millas, à une vingtaine de kilomètres de Perpignan. Le bilan provisoire est de 4 enfants décédés, neuf blessés graves et onze blessés légers. Au total, 24 personnes ont été impliquées dans cet accident, dont une vingtaine d'enfants âgés de 13 à 17 ans.

"Le choc a été violent", a indiqué lors d'une conférence de presse Philippe Vignes, le préfet des Pyrénées-Orientales, qui a déclenché le plan rouge "novi" (nombreuses victimes"). "C'est un événement très grave de portée nationale", a-t-il également déclaré demandant dès lors "des renforts nationaux pour la sécurité du site".



Le plan de mobilisation des moyens sanitaires a été déclenché, ainsi que celui de prise en charge de nombreuses victimes. L'hôpital de Perpignan et la clinique Saint-Pierre à Perpignan ont été mobilisés. Des moyens lourds ont été engagés par les pompiers: 95 sapeurs, un poste médical avancé. Deux hélicoptères de la sécurité civile ont été mobilisés ainsi que deux hélicoptères du SAMU. La mairie de Millas a mis en place un numéro, le 04 68 57 35 03. La préfecture invitait les familles à se rendre au collège de leurs enfants.

QUE S'EST-IL PASSÉ ?

La collision s'est produite au passage à niveau No25, au lieu dit Los Palaus, rapporte France Bleu Roussillon. "Le car a vraiment été coupé en deux par le train qui passait", a déclaré sur France Bleu Roussillon le maire de la commune voisine Saint-Féliu-d'Amont. Robert Olive a parlé d'une "vision d'horreur" et indiqué que l'accident s'était produit "au croisement de la voie ferrée, à un passage à niveau très dégagé".

"Il y a beaucoup d'incertitude à ce stade de l'enquête", a déclaré à l'AFP Jean Valéry Letterman, commandant adjoint de la région gendarmerie Occitanie, responsable de l'ex-Languedoc-Roussillon. "Un travail de secours est effectué par les pompiers, un travail d'identification des victimes par les gendarmes et un travail d'enquête dont sont également chargés les gendarmes", a-t-il ajouté, en arrivant à Millas.

Selon plusieurs témoins, le véhicule se serait engagé sur le passage alors que les barrières étaient baissées. "Le choc a été très violent et on au l'impression que le train allait dérailler et se coucher", a raconté Barbara une passagère du train, à L'Indépendant. Le périmètre de l'accident a été entièrement fermé aux médias.



Il s'agit d'un passage à niveau "classique" doté d'une signalisation automatique et de deux barrières, a précisé la SNCF selon laquelle le passage à niveau "n'était pas considéré comme particulièrement dangereux". L'Association nationale Droits des Victimes (ADV) a déploré que la SNCF se soit "très rapidement exonérée de toute responsabilité dans cette affaire. Je rappelle que depuis 2014, RFF expérimente des +radars de passage à niveau+ destinés à empêcher ce type d'accidents sans, toutefois généraliser ce dispositif pourtant indispensable".

"Les différentes enquêtes permettront de déterminer les circonstances exactes de cet accident", indique dans un communiqué l'entreprise des autocars Faur, propriétaire du car et employeur de sa conductrice de 48 ans, qui exprime aux victimes et à leurs familles "l'expression de sa totale compassion et de sa solidarité". Des témoins ont déjà été entendus et d'autres le seront. Des prélèvements seront effectués pour vérifier l'alcoolémie et la toxicologie de la conductrice du car de ramassage scolaire ainsi que du chauffeur du TER.

PHILIPPE, BORNE ET BLANQUER SUR PLACE

"Toutes mes pensées pour les victimes de ce terrible accident d'un bus scolaire et pour leurs familles. La mobilisation de l'État est totale pour leur porter secours", a tweeté Emmanuel Macron.



Une partie du gouvernement s'est exprimé sur Twitter, tout comme le député Front national des Pyrénées-Orientales Louis Aliot.







Le Premier ministre, Édouard Philippe, qui se trouvait à Cahors (Lot), est arrivé par hélicoptère sur place en début de soirée. "La priorité, à ce stade, est de pouvoir donner des informations précises aux familles dont nous comprenons tous qu'elles vivent une période d'angoisse que chacun doit respecter et qu'il convient de faire durer le moins longtemps possible", a-t-il déclaré.

"La communication d'informations précises aux familles est rendue difficile par des questions relatives à l'identification des personnes décédées et de certaines personnes blessées", a-t-il ajouté, en précisant qu'une enquête judiciaire avait été ouverte, ainsi qu'une enquête administrative par le Bureau enquêtes-accidents.

"Il est clair que ce drame va créer des traumatismes chez un certain nombre de victimes", a encore estimé Edouard Philippe. "Ce soir, il faut penser aux familles, à leur angoisse, à leur tristesse et faire en sorte que nous puissions avec décence les accompagner pour surmonter les nouvelles qui sont devant elles".









"C'est évidemment épouvantable et ça nous plonge dans une profonde tristesse. Mais pour le moment c'est le moment des urgences. Tout est mis en œuvre pour tirer les conséquences de cet accident", a affirmé Jean-Michel Blanquer devant les caméras de BFMTV. "Mais évidemment, on pense surtout aux familles".

Le procureur de la République Jean-Jacques Fagny s'est également rendu sur place.

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