Procès Lionnet: Sabrina Kouider dit s'être "endormie" au moment du meurtre

Procès Lionnet: Sabrina Kouider dit s'être "endormie" au moment du meurtre
Des fleurs déposées après une marche en hommage à Sophie Lionnet, le 8 octobre 2017 à Londres

AFP, publié le mardi 08 mai 2018 à 21h31

Sabrina Kouider a affirmé mardi s'être "endormie" peu avant la mort de Sophie Lionnet, sa jeune fille au pair française tuée selon elle par son compagnon et coaccusé Ouissem Medouni, lors du procès où comparait le couple à Londres.

Interrogée par le procureur, Richard Horwell, sur les heures qui ont précédé et suivi la mort de la jeune fille de 21 ans, tuée dans la nuit du 18 au 19 septembre dans la salle de bains du logement du couple selon l'accusation, la mère de famille de 35 ans s'est défendue de toute implication. 

"Sam (surnom de son compagnon) fermait la porte à clé, il ne me laissait pas entrer", a soutenu l'accusée. "J'ai pris les enfants pour les coucher, ils étaient là. Je pensais revenir (vers la salle de bains), mais je me suis endormie", a-t-elle expliqué. 

Dans une version symétrique, Ouissem Medouni avait affirmé, plus tôt au cours de ce procès, qu'il était allé dormir, laissant Sabrina Kouider interroger la jeune fille, avant qu'elle ne vienne l'alerter de la mort de celle-ci. 

"Je suppose qu'aucun de vous deux ne nous dira la vérité", a rétorqué le procureur. "Mais je pense que vous et Medouni l'avez fait ensemble", a-t-il ajouté, rappelant les déclarations d'un des fils de Sabrina Kouider, qui avait affirmé aux enquêteurs que les deux accusés étaient dans la salle de bains à ce moment-là.

"Quand Sophie est morte, je n'étais pas avec lui", a maintenu Sabrina Kouider, tout en reconnaissant après coup avoir eu accès à la pièce en question avant le décès de Sophie Lionnet. "Je jure sur la tête de mes enfants que je ne l'ai pas tuée".

- Côtes et sternum fracturés - 

Pour tenter d'établir la vérité, le procureur s'est attaché à reconstituer les dernières heures de la vie de la jeune fille au pair. 

Le 18 septembre, alors que Sophie Lionnet n'est pas sortie de la maison du couple depuis douze jours, les accusés réalisent un nouvel interrogatoire filmé de la jeune fille.

Le couple accuse Sophie Lionnet d'avoir comploté avec Mark Walton, un ex-compagnon de Sabrina Kouider et père d'un de ses deux enfants, pour droguer et agresser sexuellement les membres de la famille. 

La jeune fille apparaît très maigre, le visage émacié. Elle finit par avouer cette prétendue complicité.

Dans ces aveux, il est notamment question d'attouchements sexuels visant Ouissem Medouni, de photos de lui prises après qu'il a été déshabillé, et de son sperme prélevé par Mark Walton.

Selon l'accusation, ces confessions ont été obtenues après six jours de violences physiques exercées sur Sophie Lionnet, au cours desquelles la jeune fille a eu les côtes et le sternum fracturés.

"Avant même d'enregistrer cette vidéo, vous et Medouni saviez ce que Sophie allait dire?", a interrogé Richard Horwell. "Oui", a simplement répondu l'accusée. "Parce que vous aviez été violents avec elle?", a-t-il poursuivi. "C'est lui qui était violent", s'est défendue Kouider. "J'ai essayé de l'arrêter, mais il m'a repoussée".

Selon le récit de l'accusée, la violence s'est encore accentuée après ces confessions obtenues par la force, amenant Sophie Lionnet à subir des simulacres de noyade, peu avant sa mort.

"Medouni était obsédé avec cette histoire", a-t-elle soutenu pour tenter de se dédouaner, "il disait qu'il en faisait une affaire personnelle".

- "Cadavre dans l'appartement" -

Pas convaincu, le procureur a demandé à Sabrina Kouider pourquoi elle n'avait pas prévenu les secours ou la police, alors que le couple avait "un cadavre dans l'appartement".

"Je voulais le faire, mais j'étais sous le choc, il (Médouni) me disait d'attendre", a affirmé Sabrina Kouider. "J'ai composé le 999 (numéro d'appel d'urgence), mais je n'ai pas appuyé sur la touche d'appel. Je vous jure que c'est vrai", a-t-elle martelé.

Richard Horwell a rejeté ces dénégations. "Vous leur mentez", a-t-il répondu en désignant les jurés. "Vous essayez de les induire en erreur. Le sort de Sophie vous importait peu, et la vie a repris son cours" a-t-il ajouté. 

Il a raconté qu'elle avait pris le temps de faire du shopping et d'emmener ses enfants dans un centre de trampoline, avant que le corps carbonisé de la jeune fille au pair ne soit découvert par les pompiers, dans le jardin du couple, le 20 septembre.

L'interrogatoire de Sabrina Kouider doit se terminer mercredi, avant le début des plaidoiries de la défense.

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