Procès Lionnet: les accusés ont agi de concert, selon le procureur

Procès Lionnet: les accusés ont agi de concert, selon le procureur
Des fleurs déposées après une marche en hommage à Sophie Lionnet, le 8 octobre 2017 à Londres

AFP, publié le jeudi 10 mai 2018 à 19h19

Sabrina Kouider et Ouissem Medouni ont agi de concert pour torturer et tuer leur jeune fille au pair, Sophie Lionnet, a martelé jeudi le procureur, au moment où l'avocat d'Ouissem Medouni a dépeint son client en homme "passif", sous l'emprise de sa compagne.

Sabrina Kouider, 35 ans, et Ouissem Medouni, 40 ans, étaient persuadés que la jeune fille au pair avait comploté avec Mark Walton, ancien compagnon de Sabrina Kouider et membre fondateur du groupe de pop irlandais Boyzone, qu'ils accusent de pédophilie et d'abus sexuels. 

Le duo faisait subir à la jeune fille, décrite comme timide et naïve, des interrogatoires musclés, enregistrés pour certains, pour lui extorquer des aveux. Ils s'accusent mutuellement d'avoir tué Sophie Lionnet, 21 ans, à la suite d'un de ces interrogatoires.

Mais pour l'accusation, Sabrina Kouider et Ouissem Medouni ont agi main dans la main.

Avec les aveux de la jeune fille, "les accusés avaient obtenu ce qu'ils voulaient", a souligné jeudi le procureur Richard Horwell au cours du procès du couple devant la Cour criminelle de l'Old Bailey à Londres. Mais "il y avait un problème pour leur plan, et ce problème, c'était Sophie. Il était hors de question d'aller à la police avec une Sophie gravement blessée et traumatisée. Il aurait été inévitable qu'elle dise au policiers ce qu'ils lui avaient fait".

Selon le procureur, le couple a décidé de tuer Sophie, "une étape de plus dans leur folie". "La mort de Sophie est la conséquence de cet arrangement, de ce plan". "Ensemble, ils l'ont menacée, ensemble, ils l'ont agressée, ensemble, ils l'ont gardée prisonnière, ensemble ils l'ont privée de tout contact avec le monde extérieur, ensemble, ils l'ont torturée dans la salle de bain, ensemble, ils lui ont fracturé les côtes et le sternum, ensemble, ils ont caché son corps dans une valise, ensemble, ils l'ont brûlée", a martelé le procureur, usant de l'anaphore.

 - Le jour et la nuit -

Richard Horwell a rappelé le contenu d'une note écrite de la main de Sophie, retrouvée dans l'appartement familial. "Pourquoi moi? J'ai besoin d'aide pour les arrêter", écrivait Sophie. "Elle voyait les deux accusés comme ses bourreaux, elle les mettait sur le même plan", a souligné le procureur.

"Ensemble, ils ont commencé, ensemble ils ont terminé et ils doivent maintenant accepter les conséquences de leurs actions", a conclu le magistrat.

L'avocat de Ouissem Medouni, Orlando Pownall, s'est, lui, attaché à distinguer les responsabilités des deux accusés, priant les jurés de "résister à la tentation de les mettre dans le même sac".

Sabrina Kouider et Ouissem Medouni, "c'est le jour et la nuit", a-t-il avancé. Et de comparer les "larmes de crocodiles" de l'accusée à l'audience, à "l'émotion authentique" de son client quand il a évoqué son père défunt.

Pour Me Pownall, Sabrina Kouider "souffre de problèmes mentaux", d'obsessions, et d'un "tempérament violent".

"Les opposés s'attirent", a relevé l'avocat. Sabrina Kouider, "c'est la personne violente" et Ouissem Medouni, "c'est l'exact opposé. Il est passif. Elle s'est servie de lui, c'était son bouche-trou" entre deux relations, selon lui.

"Monsieur Medouni n'est pas un homme violent", a fait valoir son avocat. Il est "mesuré" et "contrôlé". En revanche, Sabrina Kouider "est capable de violence irrationnelle.". "Ses crises étaient relativement fréquentes", a-t-il déclaré, relevant que même à l'audience, elle n'était parvenue à garder son calme. 

Sabrina Kouider et Ouissem Medouni se sont rencontrés en 2001 lors d'une fête foraine en France. Ils ont ensuite entretenu une relation entrecoupée de ruptures, jusqu'à leur arrestation le 20 septembre 2017.

Ce jour-là, alertés par des voisins, les pompiers avaient retrouvé Ouissem Medouni en train de faire brûler le corps de Sophie Lionnet, dans le jardin du logement familial, dans le sud-ouest de Londres. Le corps présentait de multiples fractures au sternum, aux côtes et à la mâchoire mais en raison des brûlures, la cause exacte de la mort n'a pu être déterminée.

Ouissem Medouni s'était d'abord accusé de la mort de Sophie, expliquant qu'il s'agissait d'un "accident", avant de changer de version et de charger sa compagne. 

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