Procès Lionnet à Londres: l'accusé décrit une co-accusée dominante et instable

Procès Lionnet à Londres: l'accusé décrit une co-accusée dominante et instable

Catherine Devallonne, mère de la jeune fille au pair française Sophie Lionnet tuée à Londres arrive au procès des meurtriers présumés le 16 avril 2018 dans la capitale britannique.

AFP, publié le lundi 16 avril 2018 à 16h04

Ouissem Medouni a nié lundi avoir causé la mort de la jeune fille au pair Sophie Lionnet, française comme lui, décrivant devant la justice britannique une relation tumultueuse avec sa compagne et co-accusée de meurtre Sabrina Kouider, une personnalité dominante et instable selon lui.

Avez-vous causé la mort de Sophie Lionnet? "Non", a répondu l'accusé, 40 ans, interrogé par son avocat Orlando Pownall devant la cour criminelle de l'Old Bailey, à Londres.

Le procès, entamé le 19 mars, avait jusqu'ici donné la parole à l'accusation, qui a décrit le calvaire vécu par la jeune fille de 21 ans originaire de Troyes (sud-est de Paris) pendant les vingt mois qui ont précédé sa mort.

Les pompiers, alertés par des voisins intrigués par une importante fumée et une "horrible" odeur, avaient retrouvé le 20 septembre 2017 son cadavre carbonisé dans le jardin du couple de Français, dans le sud-ouest londonien. 

Son corps présentait de multiples fractures au sternum, aux côtes et à la mâchoire mais en raison des brûlures, la cause exacte de la mort n'a pas pu être déterminée. 

S'exprimant en anglais sans l'aide d'un interprète, par des phrases courtes et d'une voix effacée, l'accusé a expliqué avoir rencontré Sabrina Kouider en 2001 à une fête foraine et obtenu son numéro de téléphone par un ami commun. 

"Elle était très, très belle" et "j'étais un peu timide", a-t-il expliqué. 

Issu d'un milieu humble - il a grandi avec son père plombier dans la banlieue sud de Paris-, Ouissem Medouni étudiait alors l'économie à l'université parisienne Panthéon-Assas, tout en travaillant à mi-temps. Après ses études, il a travaillé comme analyste financier, à Paris et à Londres. 

Rapidement, Ouissem Medouni et Sabrina Kouider ont entamé une relation qui durera jusqu'à leur arrestation, mais entrecoupée de plusieurs ruptures, en raison d'aventures amoureuses de sa compagne, a-t-il expliqué. 

Elle a eu deux enfants avec deux autres hommes, dont Mark Walton, fondateur irlandais du boys band Boyzone en 1993. 

A la question de savoir qui dominait dans leur relation, l'accusé a répondu "elle". Selon lui, elle pouvait avoir "des hauts et des bas en l'espace de quelques secondes" et a fait plusieurs tentatives de suicide. 

"Au cours des dernières années elle criait tous les matins pour rien", l'accusant notamment d'adultère - indûment d'après lui.  

Ouissem Medouni s'est lui-même décrit comme "généreux, travailleur, dévoué et ambitieux" et "jamais" violent envers sa compagne. 

Malgré tout, il est toujours revenu vers elle. "Je l'aime", a-t-il répondu, en précisant que c'était encore le cas. 

Les deux accusés plaident non coupable pour le chef d'accusation de meurtre. Ils ont en revanche plaidé coupable d'entrave à la justice pour avoir tenté de se "débarrasser" du corps "en le brûlant".

Le procès doit se poursuivre jusqu'au 11 mai. 

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