Procès Lionnet à Londres: auditions des accusés à partir du 16 avril

Procès Lionnet à Londres: auditions des accusés à partir du 16 avril

Les parents de Sophie Lionnet, jeune fille au pair française, Catherine Devallonne et Patrick Lionnet quitte la cour criminelle d'Old Bailey à Londres, le 19 mars 2018

AFP, publié le jeudi 05 avril 2018 à 13h32

Les auditions des Français Ouissem Medouni et Sabrina Kouider, meurtriers présumés de Sophie Lionnet, leur jeune fille au pair française dont le corps calciné avait été retrouvé dans leur jardin, commenceront le 16 avril, a annoncé jeudi le tribunal londonien où ils sont jugés.

Le procès, entamé le 19 mars, a jusqu'ici donné la parole à l'accusation, qui a décrit le calvaire vécu par la jeune fille de 21 ans originaire de Troyes (sud-est de Paris) pendant les vingt mois qui ont précédé sa mort.

Les pompiers, alertés par des voisins intrigués par une importante fumée et une "horrible" odeur, avaient retrouvé le 20 septembre 2017 le cadavre carbonisé de Sophie Lionnet dans le jardin du couple, dans une propriété du sud-ouest londonien.

Son corps présentait de multiples fractures au sternum, aux côtes, ou à la mâchoire. Étant donné les brûlures, la cause exacte de sa mort n'a pas pu être déterminée. L'autopsie a été "rendue très compliquée", a déclaré le médecin légiste Charlotte Randall, qui a précisé qu'"il manquait les cheveux, le cuir chevelu et le crâne".

Elle a estimé que la mort de Sophie Lionnet pouvait avoir été causée par noyade dans une baignoire, après une chute ou après avoir reçu un coup au visage.

Pour le procureur Richard Horwell, le couple "s'était mis d'accord pour mener" à l'encontre de la jeune femme "une campagne d'intimidation, de torture et de violence". Citant les déclarations d'un témoin, il a affirmé que Sophie Lionnet avait été torturée dans la baignoire de ses employeurs.

Les jurés ont entendu certains extraits provenant de plus de huit heures d'enregistrements des interrogatoires que le couple faisait subir à la jeune femme.

Dans l'un d'eux, Sabrina Kouider traite sa jeune fille au pair de pédophile. Le couple l'accusait et tentait de lui faire avouer qu'elle avait aidé Mark Walton, un ancien compagnon de Sabrina Kouider, à droguer et agresser sexuellement les membres de la famille.

Dans une vidéo enregistrée peu avant sa mort, et diffusée au cours du procès, la jeune femme apparaissait très maigre, le visage émacié, et finissait par céder au souhait de ses employeurs en reconnaissant une soi-disant complicité.

Venu témoigner au procès, Mark Walton, fondateur irlandais du boys-band Boyzone en 1993, a décrit Sabrina Kouider comme une femme qui pouvait "devenir folle", "agressive" ou se mettre rapidement "en colère".

Pour l'accusation, Sabrina Kouider avait développé "une obsession" pour son ex-compagnon, aboutissant à des "inventions, des croyances", englobant Sophie Lionnet.

"La mort de Sophie n'était pas un accident ou une conséquence involontaire, mais le résultat final d'une violence intentionnelle et continue", a estimé le procureur.

Les deux accusés plaident non coupable pour le chef d'accusation de meurtre. Ils ont en revanche plaidé coupable d'entrave à la justice pour avoir tenté de se "débarrasser" du corps "en le brûlant".

Le procès, qui se tient à la cour criminelle d'Old Bailey, doit se poursuivre jusqu'au 11 mai.

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