Procès : les trois jeunes radicalisés voulaient assassiner et décapiter un militaire

Procès : les trois jeunes radicalisés voulaient assassiner et décapiter un militaire

Trois hommes sont suspectés d'avoir voulu attaquer un sémaphore militaire en 2015. Leur procès débute ce lundi à Paris. (Illustration)

leparisien.fr, publié le dimanche 08 avril 2018 à 19h26

Jugés ce lundi, ces trois jeunes hommes s'étaient rencontrés via le forum de jeuxvideo.com, et projetaient de tuer un officier du sémaphore de Port-Vendres

Ils se sont rencontrés courant 2014 via le forum du site jeuxvideo.com. Des échanges virtuels puis des rencontres au cours desquelles ces trois jeunes hommes radicalisés originaires de la région de Valenciennes (Nord), de la région parisienne et de Marseille (Bouches-du-Rhône) avaient envisagé de rejoindre la Syrie pour combattre au sein de groupes terroristes. Un projet finalement abandonné avant d'en imaginer un autre particulièrement effrayant : attaquer le sémaphore du fort militaire du Cap-Béar à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) et tuer le chef, voir de le décapiter.

Interpellés en juillet 2015, Ismael K., 20 ans mais mineur au moment des faits, Antoine F., 22 ans, et Djebril A., 25 ans, comparaissent à partir de ce lundi à Paris devant la cour d'assises spécialement composée de Paris. Les trois hommes assurent qu'ils avaient finalement refusé de mettre ce funeste plan à exécution.

Ancien matelot affecté dans ce sémaphore, Djebril A. a admis être l'initiateur du projet. Dépressif, abreuvé aux vidéos de propagande de Daesh, ce jeune musulman a longuement expliqué en garde à vue comment il avait basculé dans l'islam radical. « Je suis hypnotisé. Je me lève Daesh, je mange Daesh, je vis Daesh [...] Je passais ma vie dans ma chambre, Youtube-Daesh-Youtube-Daesh. On ne vit que de ça », décrit-il. Lucide et d'une rare sincérité, le Marseillais admet aussi comment les attentats de janvier 2015 ont accentué sa radicalité. « D'autres l'ont fait, pourquoi pas moi ? Avant c'était que des vidéos, mais ils ont ouvert la voie », confesse-t-il. Dans son esprit, il veut agir à la fin de l'année et se dit prêt à mourir en martyr.

Des recherches alarmistes et inquiétantes sur InternetMais en ce mois de juillet 2015, face aux policiers, ce célibataire promet qu'il était rentré dans un processus de désendoctrinement. « Le projet d'attaque était abandonné au moment de son interpellation », insiste Me Matthieu Chavanne, l'un de ses avocats.

Dans leur ordonnance, les juges estiment, eux, que l'instruction a révélé l'existence d'« actes préparatoires visant à commettre un attentat en France » et que les trois hommes entendaient « mettre en œuvre les directives de djihad global » préconisées par l'État islamique. Outre leur radicalité, ils mettent en avant les recherches alarmistes sur Internet (sur la confection d'explosifs par exemple), mais aussi les liens qu'ils entretenaient avec d'autres Français en Syrie.

Les débats se concentreront donc sur la matérialité du projet. « Mon client a toujours indiqué qu'il n'y avait jamais adhéré. C'est aussi ce qu'indique Djebril A. », plaide Me David Apelbaum, l'avocat d'Antoine F. Quant à Ismaël K., qui apparaît comme le plus radicalisé des trois, il s'efforce également de minimiser son implication.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.