Procès en appel de Willy Bardon: les 26 secondes de l'appel d'Elodie Kulik aux secours diffusées

Procès en appel de Willy Bardon: les 26 secondes de l'appel d'Elodie Kulik aux secours diffusées
Jacky Kulik tient le portrait de sa fille Elodie Kulik avant l'ouverture du procès en appel de Willy Bardon, condamné en décembre 2019 à trente ans de réclusion pour l'enlèvement, le viol et la mort d'Elodie Kulik en ...

publié le mercredi 16 juin 2021 à 17h50

L'enregistrement de l'appel d'Elodie Kulik aux secours a été diffusé mercredi au troisième jour du procès en appel de Willy Bardon devant les assises du Pas-de-Calais, les avocats s'opposant sur le poids de cette pièce, glaçante mais de mauvaise qualité, dans le dossier.

Le père de la victime, Jacky Kulik, a quitté la salle d'audience avant la diffusion de cette bande-son éprouvante. 

La cour a ensuite écouté, figée, les 26 secondes de l'appel passé à 00H21 aux pompiers, dans lequel on entend les cris et gémissements de la victime et les "allo" répétés de l'opératrice des pompiers. Au moins deux voix d'hommes y sont audibles, mais lointaines.

L'un d'eux a été confondu par son ADN, retrouvé sur la scène de crime. Décédé en 2003, cet agresseur présumé, Grégory Wiart, n'a pas pu être jugé.

Au cours de l'enquête, cinq personnes placées en garde à vue et auxquelles l'enregistrement avait été soumis avaient affirmé reconnaître la voix de Willy Bardon, en janvier 2013. 

Immédiatement après cet appel, les pompiers ont essayé de rappeler mais sont tombés sur la messagerie de la jeune femme, a rappelé la présidente. 

L'un des avocats de parties civiles, Didier Seban, a insisté sur l'importance d'entendre cette "pièce maîtresse" du dossier dès le début du procès, afin de bien comprendre le déroulement des événements. 

Les avocats de Willy Bardon ont à l'inverse souligné la nécessité de la "manier avec prudence" et de la faire réécouter aux jurés après le passage des experts vocaux.

L'enregistrement a fait l'objet de 14 expertises au cours de l'enquête menée de 2002 à 2017. 

Interrogé à la fin de la journée d'audience par un de ses avocats sur ce qu'il ressentait, confronté à des éléments "terribles" -enregistrement mais aussi photos de la victime - , Willy Bardon a simplement dit, mains derrière le dos, "c'est horrible ce qui a été fait à cette fille".

Lundi, à l'ouverture du procès, il avait à nouveau plaidé "non coupable".

"Je pense que les experts nous diront que (cet enregistrement) ne peut pas être utilisé dans le cadre d'un procès pénal" a déclaré à la presse l'un des avocats de Willy Bardon, Me Gabriel Dumenil. 

Il évoque une bande-son "inaudible, sur laquelle on n'arrive même pas à distinguer ce que disent les protagonistes, qui date de 2002 et à laquelle on vient comparer des voix de 2013", estimant que "tout cela est une fumisterie". 

Le procès de première instance de Willy Bardon avait été marqué par sa tentative de suicide, juste après l'énoncé du verdict. Il avait été reconnu coupable de viol, enlèvement et séquestration suivis de mort, mais acquitté du chef de "meurtre".

La banquière de 24 ans avait été retrouvée étranglée, dénudée et partiellement calcinée le 11 janvier 2002 à Tertry (Somme), à six kilomètres de sa voiture accidentée.

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