Procès en appel d'un homme soupçonné d'avoir maquillé l'assassinat de sa femme

Procès en appel d'un homme soupçonné d'avoir maquillé l'assassinat de sa femme
Accusé d'avoir maquillé l'assassinat de sa femme en se tirant une balle dans le dos, un homme comparaît en appel

AFP, publié le mardi 26 juin 2018 à 15h35

Il est soupçonné de s'être tiré une balle dans le dos pour s'innocenter de l'assassinat de sa femme: le procès en appel d'un quinquagénaire, qui a toujours clamé son innocence, s'est ouvert mardi à Nanterre.

François Darcy, 51 ans, est accusé d'avoir mis en place un "stratagème très élaboré" pour faire croire à une agression par un tiers, le soir de la mort de sa femme sur un parking isolé des Yvelines le 26 février 2012.

Imposant, portant lunettes et chemise blanche, cet ancien consultant en informatique a longuement répondu aux questions sur son enfance, son métier, son couple, au premier jour de son procès en appel aux assises des Hauts-de-Seine.

En septembre 2016, il avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour "assassinat". Il a fait appel et encourt, comme en première instance, la réclusion criminelle à perpétuité.

Ce week-end de l'hiver 2012, le couple fêtait ses dix ans de mariage. Le dimanche soir, selon le récit de l'accusé, ils rentrent en voiture à l'hôtel quand, pris d'une envie pressante, il s'engage sur un chemin à travers les arbres jusqu'à un parking près des ruines de l'abbaye de Port-Royal.

Debout dans la lumière des phares, il ressent soudain une intense douleur dans le dos, affirme-t-il: il se retourne, aperçoit la silhouette d'un tireur et fuit alors dans les bois. Il perd connaissance et, en se réveillant, dit-il, découvre sa voiture en flammes, sa femme à l'intérieur.

L'homme appelle les secours, est hospitalisé mais, rapidement, les enquêteurs relèvent des incohérences dans son récit.

L'arme qui a blessé l'accusé n'a jamais été retrouvée et les causes de la mort de la défunte - qui n'a pas succombé à l'incendie du véhicule - n'ont pas pu être déterminées en raison de la violence des flammes.

L'accusation estime qu'il s'est tiré lui-même dans l'épaule pour brouiller les pistes. 

Elle relèvera une série d'indices menant à l'accusé: pratiquant le tir sportif, il avait déclaré le vol de deux carabines quelques jours avant les faits. Des morceaux de canons sciés ont été retrouvés chez lui et des traces d'un liquide huileux pouvant correspondre à celui qui a mis feu au véhicule ont été relevées sur ses mains, notamment.

Pour la défense, l'enquête a été menée "totalement à charge" et l'accusé n'avait "aucune raison" de tuer sa femme.

Ce procès doit durer une semaine et s'achever mardi 3 juillet.

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