Procès emblématique contre des braconniers sous-marins du parc national des Calanques

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Patrouille de la police de l'environnement dans le parc national des calanques, en février 2018
Patrouille de la police de l'environnement dans le parc national des calanques, en février 2018
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© AFP, ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

AFP, publié le mercredi 04 juillet 2018 à 10h52

Quatre braconniers qui pillaient mérous, oursins et coquillages dans les eaux protégées du Parc national des Calanques ont commencé à comparaître mercredi à Marseille, un dossier dont autorités et associations veulent faire un exemple de la lutte contre les atteintes à l'environnement.

Les quatre prévenus, âgés de 27 à 40 ans, écoulaient leur marchandise illicite à des particuliers mais également à des restaurateurs, écailles et poissonniers ayant pignon sur rue à Marseille.

Principal prévenu, Stéphane Avedissian, soupçonné d'avoir pris part au braconnage et d'avoir organisé une partie de la revente de la pêche, aurait gagné quelque 58.000 euros par ces activités, a relevé la présidente Christine Mée, devant le tribunal de grande instance de Marseille.

Le gain total pour les quatre prévenus est estimé à quelque 160.000 euros.

Mérou, corb, œil de Sainte Lucie, ces espèces protégées voire gravement menacées étaient pêchées par dizaines de kilos, souvent la nuit, dans ce havre de biodiversité qu'est censé être le parc national des Calanques.

Sept poissonniers et restaurateurs qui s'étaient fournis auprès de ce réseau, et un cinquième braconnier, ont pu échapper à un procès public en optant pour une composition pénale avec le procureur, avec plusieurs centaines d'euros d'amende à la clé et l'obligation de participer à un stage de sensibilisation à la protection de l'environnement.

L'enquête sur cette bande de braconniers de Méditerranée, qui a globalement reconnu les faits durant l'enquête, a débuté par une dénonciation anonyme en 2015.

Écoutes, surveillances physique lors des ventes aux professionnels, épluchage des comptes bancaires familiaux... Les enquêteurs ont employé les grands moyens pour un dossier présenté comme exemplaire.

"Il s'agit de la première affaire de cette importance à être jugée en France", a relevé le Parc national dans un communiqué.

"Les zones de non pêche constituent une +banque+ de biodiversité que les prévenus ont pillé, au détriment de l'effort consenti par tous", a-t-il regretté.

Le parc a calculé avoir essuyé un "préjudice écologique" de 450.000 euros, dont il compte demander réparation.

Le comité régional des pêches et les associations France nature environnement et Sea Shepherd se sont aussi portées partie civile.

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