Procès d'un réseau de prostitution de Nigérianes: jusqu'à 10 ans de prison requis

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Des dossiers dans le procès d'un réseau de prostitution de Nigérianes, le 6 novembre 2019 à Lyon
Des dossiers dans le procès d'un réseau de prostitution de Nigérianes, le 6 novembre 2019 à Lyon
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© AFP, ROMAIN LAFABREGUE

, publié le mercredi 13 novembre 2019 à 22h39

Des peines de dix ans d'emprisonnement ont été requises contre un pasteur et une "mama", considérés comme les têtes d'un réseau de proxénétisme d'origine nigériane, en activité à Lyon, Montpellier et Nîmes entre 2016 et 2017.

Pour ces deux prévenus, la procureure Virginie Brelurut a également réclamé une peine de sûreté des deux-tiers et leur interdiction définitive du territoire français.

Contre la femme la plus recherchée de France Jessica Edosomwan, en fuite, une peine de huit d'emprisonnement a été requise.

Depuis le 6 novembre, 24 prévenus - 10 femmes et 14 hommes originaires du Nigéria, à l'exception d'un Français - comparaissent devant le tribunal correctionnel de Lyon. Dix-sept femmes venues du même pays ont porté plainte contre eux.

La plupart des prévenus sont poursuivis pour aide au séjour irrégulier, proxénétisme aggravé, traite d'êtres humains, association de malfaiteurs et blanchiment d'argent en bande organisée.

La procureure a évoqué "un dossier exceptionnel de ce qu'on appelle le proxénétisme nigérian", en relatant "le périple sordide" de jeunes femmes soumises à "une contrainte morale absolue".

Dans ce contexte, le pasteur Stanley Omoregie avait "une parfaite connaissance" des conditions de prostitution d'au moins seize femmes, contrairement à sa thèse d'une entraide, a estimé le parquet. Quant à la "mama" Helen Okpoto, elle est décrite en "proxénète d'ampleur", qui a "géré vingt-trois victimes".

Des peines de quatre à huit ans de prison ont été requises, avec interdiction du territoire national, contre seize autres membres du réseau présumé, impliqués dans la surveillance ou le transfert des jeunes femmes recrutées. La procureure a demandé des mandats de dépôt pour huit des dix prévenus qui comparaissent libres.

"Ce dossier d'esclavagisme sexuel, d'exploitation sordide à grande échelle, mérite des peines exemplaires", a justifié Mme Brelurut, pour qui il faut lutter contre "la banalisation de ce type d'activité". 

Les chauffeurs et logisticiens du réseau présumé se sont vu réclamer des peines de trois à quatre ans de prison.

"Nous ne sommes pas ici pour faire un exemple. Ce dossier est celui de conditions de migrations et d'autres façons de penser", a plaidé pour la défense Sébastien Sertelon, en débutant les plaidoiries qui doivent se poursuivre jeudi.

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