Prison avec sursis pour le vol des pistolets de Surcouf

Prison avec sursis pour le vol des pistolets de Surcouf
Les pistolets de Robert Surcouf au tribunal de Coutances le 29 novembre 2018

AFP, publié le mercredi 12 juin 2019 à 18h18

Un collectionneur, ancien patron d'une entreprise de sécurité, a été condamné mercredi à deux ans de prison avec sursis en correctionnelle à Coutances (Manche) pour le vol notamment des pistolets de l'illustre corsaire Robert Surcouf à Saint-Malo en 2017.

La peine est assortie d'un sursis avec mise à l'épreuve de trois ans avec obligation de travail, de soins psychiatriques ou psychologiques et obligation d'indemniser les parties civiles (les villes de Saint-Malo, Granville, Donville, le département de la Manche et un particulier). Une audience fixera les montants le 15 octobre.

"C'est un passionné par l'histoire qui recourt à une histoire rêvée puisque la sienne est indicible", a plaidé son avocat Emmanuel Le Mière, citant l'expert psychiatrique selon lequel l'homme a, enfant, été "l'objet de la sexualité des adultes".

L'homme de 37 ans au casier judiciaire vierge est aujourd'hui livreur de journaux, après avoir dirigé jusqu'à 60 salariés à la tête d'une entreprise de sécurité liquidée depuis. Il est condamné pour des vols de centaines de documents, entre 2014 et 2018. 

Parmi eux, les deux pistolets de Surcouf, datant de 1825, et évalués à 10.000 euros, un livre de 1848 sur l'histoire du Mont Saint-Michel, évalué par son propriétaire, Granville, à 5.000 euros, une statue de la Vierge, qu'il a restaurée après l'avoir volée dans une église, et des cartes postales.

L'homme est décrit par un ami et victime comme un "collectionneur minutieux" et "un mythomane très structuré". Il a dévissé la vitrine du musée de Saint-Malo lors des journées du patrimoine avant de quitter les lieux avec les pistolets à la ceinture.

Ses motivations demeurent mystérieuses.

"Rien de spécial", a répondu cet homme carré, d'une voix peu audible, à la barre, interrogé par le tribunal sur ce qui l'a poussé à voler les pistolets.

Le président du tribunal François Delegove relève une "concomitance" entre le début des faits et l'arrêt du suivi psychiatrique du prévenu il y a six ans.

Selon Marie-Fabrice Lecomte, l'avocate de la ville de Saint-Malo, les pistolets gravés au nom du célèbre corsaire seront à nouveau exposés dans un futur musée dont l'ouverture est espérée pour 2022.

L'homme a été confondu grâce à un libraire parisien à qui il avait tenté, le 16 novembre 2017, de vendre le livre sur le Mont Saint-Michel où figurait le tampon de la médiathèque de Granville. Le commerçant a alerté la police, l'homme a été arrêté et il a avoué les vols.

Les pistolets ont été retrouvés le lendemain chez un homme à qui le prévenu les avait confiés en échange d'un prêt de 2.000 euros.

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