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Prises de bec au procès d'un propriétaire de perroquets au tribunal de Draguignan

Prises de bec au procès d'un propriétaire de perroquets au tribunal de Draguignan
Un ara bleu (Ara ararauna), au Bioparque Ukumarí à Pereira en Colombie, le 26 janvier 2020

publié le vendredi 23 avril 2021 à 18h35

Le propriétaire d'une petite centaine de perroquets, jugé vendredi au tribunal de Draguignan pour plusieurs manquements et défauts d'autorisations, s'est défendu en mettant en cause les contrôles, ce qui a "scandalisé" deux associations parties civiles.

Cet éleveur d'oiseaux de 47 ans, qui a monté un zoo à Ginasservis (Var), avait éveillé les soupçons de l'administration lors d'un contrôle routier près de la frontière italienne en 2017. 

Il avait été verbalisé en possession de deux écureuils rayés d'Himalaya, ce qui avait déclenché une série de contrôles chez lui, où il détenait 88 oiseaux, gris du Gabon, ara arlequin, ara bleu, etc., mais sans les autorisations nécessaires pour une partie d'entre eux.

"Certains s'achètent des Ferrari, moi je m'occupe d'oiseaux", s'est justifié Stéphane Fatticci, également accusé de mauvaise tenue de ses registres et de ses 35 volières. "Ils ont fait une photo d'une cage qui n'était pas propre!", a-t-il protesté, en prenant à partie l'agent assermenté venu le contrôler et présent à l'audience : "Il ment, amenez les preuves!".

"J'estime être en règle, à part pour cet ara de Macao", un oiseau protégé acheté en 1999 et qu'il ne parvient pas à régulariser, a-t-il ajouté. 

En 2018, il a ouvert un parc présentant des chameaux, des dromadaires, des lamas, des alpagas, des bovidés africains watusis et des animaux de ferme, à côté d'un hôtel dont il dit tirer ses revenus. 

Virulent également, son avocat Me Stéphan Gauthier a accusé les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), devenu Office français pour la biodiversité, d'avoir "voulu faire un exemple" en visant à tort "un ami des animaux".

"Les agents ne connaissent même pas les espèces qu'ils contrôlent et saisissent sans ouvrir les registres, c'est anormal!", a-t-il fustigé, avant de reconnaître toutefois des torts: "Oui, mon client est coupable d'avoir devancé les autorisations (...) et interprète à sa sauce. C'est un combat de textes", a-t-il dit. Il a plaidé l'indulgence et la restitution des oiseaux saisis, dont certains peuvent vivre jusqu'à 80 ans.

"Je suis particulièrement scandalisé par le comportement du prévenu qui vient invectiver tout le monde, il n'a rien compris", s'est de son côté fâché l'avocat de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) Me Mathieu Victoria. 

Il a rappelé que la loi limite à 10 le nombre d'oiseaux qu'on peut détenir sans autorisation. 

A l'unisson, l'association 30 Millions d'Amis a présenté une facture de 8.726 euros pour le gardiennage des oiseaux saisis.

La représentante du parquet a requis une peine d'amende de 15.000 euros, dont 7.000 euros à acquitter de suite, ainsi que la confiscation de l'intégralité des oiseaux. Le jugement sera rendu le 28 mai.

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