Policier percuté mortellement dans l'Aveyron : 15 ans de prison pour le chauffard

Policier percuté mortellement dans l'Aveyron : 15 ans de prison pour le chauffard

C'est en tentant de fuir un contrôle routier que le chauffard a tué un policier en 2015, dans l'Aveyron. (Illustration).

leparisien.fr, publié le vendredi 06 avril 2018 à 22h54

En 2015, Jérémy Munoz, 30 ans, qui roulait sous l'emprise de cannabis avait tué un policier en tentant de fuir un contrôle.

L'automobiliste, qui avait mortellement percuté un policier de 36 ans en tentant d'échapper à un contrôle routier en avril 2015, a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de l'Aveyron, vendredi, à Rodez.

Après plus de 4 heures de délibérations, les jurés ont reconnu Jérémy Munoz, 30 ans, qui roulait sous l'emprise de cannabis, coupable de violence ayant entraîné la mort du sous-brigadier Benoît Vautrin. Mais ils ont été un peu plus cléments que l'avocat général Olivier Naboulet, lequel avait requis une peine de 16 ans de réclusion.

C'est un «crime aggravé» car «commis sur un fonctionnaire de police», avait souligné Olivier Naboulet dans son réquisitoire. Cependant, il avait précisé tenir «aussi compte de la personnalité de l'accusé» qui «n'est pas un voyou» et avait «tenté de ranimer la victime».

Acte volontaire ou involontaire ?Le 10 avril 2015, après avoir été flashé en excès de vitesse, Munoz avait fait demi-tour pour échapper aux policiers. Plus loin, à Aubin, il avait percuté à plus de 100 km/h le sous-brigadier Benoit Vautrin, 36 ans, posté au milieu de la route pour l'arrêter, le projetant à 60 mètres. Il lui avait prodigué les premiers soins puis s'était laissé interpeller.

Dans un premier temps, Munoz avait été renvoyé à pour « meurtre d'une personne dépositaire de l'autorité publique » mais finalement la Chambre de l'instruction de Montpellier avait requalifié l'infraction en « violence volontaire ayant entraîné la mort, sans intention de la donner ».

Face aux jurés, le magistrat s'était longuement attaché à expliquer les règles de droits qui différencient un acte volontaire d'un acte involontaire.

«J'ai fait tomber mon cerveau»« Sa famille pense, de façon aveuglée, que ce n'est pas un crime mais un délit que vous avez à juger », avait-il souligné. « Il s'agirait donc d'un accident. Mais ce n'est pas un accident », avait-il poursuivi, insistant au contraire sur les « actes volontaires » de Munoz pour démontrer que le crime « est constitué » : fumer un joint de cannabis, rouler à plus de 105 km/h, échapper au contrôle routier ou s'abstenir de freiner... « Non non non, tout procède d'un comportement volontaire », avait répété Olivier Naboulet.

Une peine « disproportionnée », avait plaidé l'avocat de Jérémy Munoz, Me Elian Gaudy, selon lequel son client est enfermé dans la culpabilité. Depuis son interpellation, et tout au long du procès, l'accusé, caporal de l'armée en voie de reconversion au moment des faits, a reconnu sa responsabilité mais a réfuté une quelconque culpabilité criminelle. « Je n'ai jamais voulu faire mal », avait-il répété encore jeudi.

« Vous avez tout fait pour que ce drame survienne », avait tonné plus tôt l'avocat de la partie civile, Me Laurent Boguet à l'adresse de Munoz, lui demandant s'il pensait sincèrement que la famille de la victime pouvait se satisfaire de l'excuse lâchée mercredi : « J'ai fait tomber mon cerveau ».

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