Policier percuté mortellement: 16 ans de prison requis contre un chauffard

Policier percuté mortellement: 16 ans de prison requis contre un chauffard

Jérémy Munoz (d) escorté par des gendarmes le 3 avril 2018

AFP, publié le vendredi 06 avril 2018 à 12h40

Une peine de 16 années de réclusion criminelle a été requise vendredi devant la cour d'assises de l'Aveyron à l'encontre d'un automobiliste qui avait mortellement percuté un policier de 36 ans en tentant d'échapper à un contrôle en avril 2015.

"Je requiers une peine de seize années de réclusion criminelle. Je tiens compte de la personnalité de l'accusé" Jérémy Munoz, 30 ans, qui "n'est pas un voyou" et avait tenté de ranimer la victime, a dit l'avocat général Olivier Naboulet. 

Le 10 avril 2015, après avoir été flashé en excès de vitesse, Munoz avait fait demi-tour pour échapper aux policiers. A Aubin, il avait percuté un autre policier posté plus loin, au milieu de la route, à plus de 100 km/h et s'était ensuite laissé interpeller.

Renvoyé à l'origine pour "meurtre d'une personne dépositaire de l'autorité publique", Jérémy Munoz est finalement jugé depuis mardi pour "avoir volontairement commis des violences ayant entraîné la mort, sans intention de la donner". 

La plaidoirie de la défense est prévue à partir de 14H30, le verdict est attendu en fin d'après-midi. L'accusé encourt jusqu'à 20 ans de réclusion.

Dans son réquisitoire, le magistrat a voulu répondre à la défense de Munoz, caporal de l'armée en voie de reconversion au moment des faits, en s'attardant sur les règles de droits qui différencient l'acte involontaire de l'acte volontaire. 

Depuis son interpellation, et tout au long du procès, l'accusé s'est déclaré responsable mais pas coupable. 

"Sa famille pense, de façon aveuglée, que c'est n'est pas un crime mais un délit que vous avez à juger", a fait remarquer le magistrat. 

"Il s'agirait donc d'un accident. Mais ce n'est pas accident", a-t-il assuré, insistant sur "les actes volontaires" de l'accusé qui démontrent que le crime est constitué: fumer un joint de cannabis, rouler à plus de 105 km/h, échapper au contrôle routier ou s'abstenir de freiner...  "Non non non, tout procède d'un comportement volontaire", a répété Olivier Naboulet.  

Lors des obsèques du policier à Lempaut, dans le Tarn, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait dénoncé "la bêtise criminelle d'un chauffard conduisant en excès de vitesse sous l'emprise de produits stupéfiants".

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