Polémique en Belgique après la tuerie de Liège

Polémique en Belgique après la tuerie de Liège
Deux policières et un passant ont été tués, mardi, à Liège, par Benjamin Herman. Incarcéré, il profitait d'une permission de sortie.

leparisien.fr, publié le mercredi 30 mai 2018 à 22h06

Le ministre de la Justice belge a déclaré se «sentir responsable» et prépare un «examen de conscience» après la tuerie qui a fait trois morts mardi.

Les drapeaux étaient en berne à Liège et dans de nombreuses communes de Belgique ce mercredi au lendemain de la tuerie qui a fait trois morts, dont deux policières. Une attaque revendiquée mercredi soir par le groupe Etat Islamique via son agence de propagande Amaq. Un peu plus tôt, le parquet fédéral avait confirmé l'ouverture d'une instruction judiciaire pour assassinats et tentatives d'assassinats terroristes.

Les magistrats fédéraux ont considéré qu'il y avait suffisamment d'indices pour considérer les faits comme terroristes. Le fait que l'auteur ait crié « Allahou akbar » à plusieurs reprises ; le modus operandi que l'organisation Etat islamique appelle régulièrement à utiliser, c'est-à-dire « attaquer des policiers avec un couteau et leur dérober ensuite leur arme de service » ; et enfin, le fait que le nom du tueur, Benjamin Herman, apparaissait dans deux rapports de la Sûreté de l'Etat et un de la police en tant que personne radicalisée.

Mercredi, la femme de ménage que ce multirécidiviste de 36 ans avait pris en otage a témoigné dans plusieurs médias. Ses propos vont dans le sens d'une dérive islamiste : « Il m'a posé deux questions : es-tu musulmane ? et fais-tu le ramadan ? » Et de poursuivre : « Il m'a dit de penser à mes frères palestiniens et à mes frères syriens, que c'est pour eux que je devais pleurer. » Quelques minutes plus tard, Herman libérait son otage et se jetait sur les policiers de l'antibanditisme liégeois avant de tomber sous un déluge de projectiles.

La ministre de la Justice se sent « responsable »

La journée de mercredi a vu se poursuivre un début de polémique autour des conditions d'obtention du congé pénitentiaire du tueur. Celui-ci devait achever une peine de douze ans de prison en 2020 et avait déjà obtenu 11 permissions de sortie de quelques heures et 13 congés de 36 heures. Cela alors que sa radicalisation était connue.

Dans la matinée, sur les ondes de La Première, le ministre de la Justice, Koen Geens, responsable de l'administration pénitentiaire qui a le pouvoir d'accorder ou refuser ces congés, a fait son mea culpa en indiquant « se sentir responsable » et préparer « un examen de conscience ».

Le ministre a indiqué que la radicalisation de Benjamin Herman était connue des services pénitentiaires. Elle avait été documentée en 2016 et au début de l'année 2017 mais « n'a pas été confirmée ensuite », a indiqué le parquet fédéral.

Des policières «pas très expérimentées»

« Tout le monde était au courant. Les services pénitentiaires ont confirmé que leur évaluation de l'époque de ne pas reprendre ce détenu dans une banque de données de personnes dangereuses était correcte. La décision n'a pas été prise inconsciemment », a noté le ministre, qui interroge : « participer à des groupes de prière et faire le ramadan constituent des éléments de radicalisation et des signes de dangerosité ? »

Benjamin Herman était sorti en congés pénitentiaires lundi matin à 7h30 et devait réintégrer sa cellule mardi à 19h. Il est fortement suspecté d'avoir tué l'un de ses anciens compagnons de cellule, à coups de marteau, dans la nuit de lundi à mardi.

C'est le lendemain qu'il s'est attaqué à des policières qui n'étaient équipées d'armes à feu que depuis peu de temps. « Elles n'étaient pas très expérimentées, elles n'étaient pas des inspectrices habituées à réaliser des interpellations », regrette un haut gradé de la police. Les deux policières, achevées cyniquement avec leurs armes de service, laissent trois enfants orphelins.

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