Pierre Bodein saura le 10 octobre s'il a une chance de voir son procès révisé

Pierre Bodein saura le 10 octobre s'il a une chance de voir son procès révisé
Pierre Bodein le 2 octobre 2008 au tribunal de Colmar

AFP, publié le jeudi 19 septembre 2019 à 19h31

La justice rendra le 10 octobre sa décision sur la demande de révision du procès de Pierre Bodein, condamné à la perpétuité incompressible pour trois meurtres sauvages et des séquestrations en 2004, a-t-on appris jeudi auprès de son avocat.

Me Dominique Bergmann a présenté lors d'une audience à huis clos devant la commission d'instruction de la Cour de révision la requête en révision de Pierre Bodein, dit "Pierrot le fou", l'un des rares condamnés en France à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, la peine la plus sévère du code pénal. 

Pierre Bodein, qui purge à 71 ans sa peine à Moulins (Allier), avait été jugé définitivement coupable en janvier 2010 du meurtre d'Hedwige Vallée, 38 ans, de l'enlèvement, de la séquestration, du viol et du meurtre de Jeanne-Marie Kegelin, 10 ans, et du viol et du meurtre de Julie Scharsch, 14 ans.

Les corps des victimes avaient été retrouvés sauvagement mutilés en juin et juillet 2004 dans des ruisseaux du centre de l'Alsace. Vite soupçonné en raison de ses antécédents, Pierre Bodein avait été confondu par ses empreintes génétiques. Il a toujours crié au complot.

Le multirécidiviste, surnommé "Pierrot le fou" après avoir passé plus de la moitié de sa vie en prison ou en hôpital psychiatrique, avait également tenté deux enlèvements au printemps 2004.

Il avait été condamné en première instance en 2007 à la perpétuité incompressible, une peine confirmée en 2008 en appel puis définitivement en 2010 par la Cour de cassation.

A l'appui de sa demande de révision, Pierre Bodein avance des "éléments nouveaux", notamment "une dizaine d'alibis non vérifiés aux dates-clés de la procédure", en juin 2004, a précisé Me Bergmann. 

"On attend la décision, ça va être un peu du tout ou rien", a déclaré l'avocat à l'AFP. 

A l'audience, l'avocat général a préconisé le rejet du recours, a indiqué Dominique Bergmann. 

L'examen de cette requête n'est qu'une étape vers une éventuelle révision du procès, un événement rarissime en France.

La commission d'instruction peut soit rejeter la demande - la condamnation est donc validée - soit décider de la transmettre à la formation de jugement de la Cour de révision, laquelle aura alors le dernier mot sur l'organisation d'un nouveau procès.

Elle peut également ordonner un supplément d'information, c'est-à-dire des actes d'investigation. 

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