Perpétuité requise contre Philippe Gillet pour la mort de son épouse et de son amante

Perpétuité requise contre Philippe Gillet pour la mort de son épouse et de son amante
Réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans requise contre Philippe Gillet, jugé en appel à Reims (Marne) pour des coups mortels sur son épouse et l'assassinat de son amante

publié le mercredi 21 avril 2021 à 19h52

La réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans a été requise mercredi contre Philippe Gillet, jugé en appel à Reims (Marne) pour des coups mortels sur son épouse et l'assassinat de son amante.

L'exploitant agricole de 49 ans avait été relaxé en première instance par la cour d'assises des Ardennes, en avril 2019, du meurtre de son épouse Céline, 34 ans, un décès accidentel selon lui.

Il avait cependant été condamné à 22 ans de prison pour la disparition dans la nuit du 16 au 17 avril 2013 d'Anaïs Guillaume, 21 ans, dont la voiture calcinée avait été retrouvée dans un bois près de la frontière belge. 

Les restes de la jeune femme ont depuis été retrouvés en novembre 2019 dans la ferme de Philippe Gillet à Fromy (Ardennes).

"Ce sont les indications de M. Gillet, et elles seules, qui ont permis de retrouver le corps d'Anaïs Guillaume", a rappelé aux jurés Marlène Borne, premier substitut du procureur de Reims qui menait l'accusation avec l'avocat général Jacques Louvier.

La découverte du corps était intervenue plusieurs semaines après que les autorités judiciaires eurent reçu un courrier anonyme, écrit, selon l'enquête, par la fille aînée de Philippe Gillet, sous sa dictée.

Pour Marlène Borne, c'est bien Philippe Gillet qui a monté "un guet-apens" puis "étranglé" Anaïs Guillaume avant de l'enfouir sous un tas de fumier, recouverte de 50 kg de chaux vive achetée la veille de la disparition de la victime.

"Les éléments accablent Philippe Gillet", a-t-elle dit. 

Le dernier bornage téléphonique d'Anaïs a aussi été relevé à 04h47 près du domicile de l'accusé.

"Rien dans le dossier n'indique une intention homicide ni d'éléments de préméditation", a affirmé l'un des conseils de l'accusé Me Hugues Vigier, en estimant que "l'étranglement" d'Anaïs Guillaume pourrait être "la suite d'un jeu sexuel qui aurait mal tourné". 

"Il n'y a pas de meurtre mais des violences volontaires", a-t-il dit.

L'avocat général s'est quant à lui attaché à démontrer que "ce sont bien des coups volontaires qui ont entraîné la mort de son épouse et pas un accident".

"La seule cause de la mort de Céline Gillet, l'oubliée de la procédure, c'est un coup de poing. C'est d'ailleurs compatible avec les blessures constatées à l'hôpital sur le corps", a affirmé le magistrat. 

Mais pour l'avocat de la défense, Me Ghislain Fay, "c'est la rumeur publique qui a amené les gendarmes à saisir le procureur", soutenant qu'il n'y a "pas d'éléments objectifs". 

"Philippe Gillet ne s'est jamais moqué de son épouse. Il a tendance à s'emporter mais il ne frappe pas. Il a été bouleversé par le décès de son épouse", a-t-il ajouté, plaidant l'acquittement fondé sur "un doute raisonnable". 

Céline Gillet comme Anaïs Guillaume voulaient se séparer de l'agriculteur.

Dans le box, ce dernier a dénié de la tête à l'écoute des réquisitions. 

Une attitude inchangée depuis le début du procès le 6 avril. Durant ses longs interrogatoires, il a constamment rejeté toute responsabilité dans la mort des deux femmes.

Le verdict est attendu jeudi dans la journée.

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