"Papa d'amour": 14 ans requis contre un professeur de chant jugé pour viols et agressions sexuelles

"Papa d'amour": 14 ans requis contre un professeur de chant jugé pour viols et agressions sexuelles
Elles devaient l'appeler "Papa d'amour". Un ancien professeur de chant comparaît jeudi pour viols, agressions sexuelles et corruptions de mineurs sur dix anciennes élèves d'un établissement scolaire catholique de ...

AFP, publié le mardi 26 juin 2018 à 13h47

Quatorze ans de réclusion ont été requis à l'encontre de Jean-Philippe Galerie, un ancien professeur de chant jugé pour des viols, agressions sexuelles et corruptions de mineures commis sur dix anciennes élèves d'un établissement scolaire catholique de Moulins entre 2007 et 2010.

Le ministère public a assorti ses réquisitions d'un suivi socio-judiciaire de cinq ans et d'une interdiction d'exercer une activité professionnelle et bénévole en lien avec les mineurs.

Compositeur-interprète de musique religieuse, Jean-Philippe Galerie était chargé de monter des comédies musicales pour le centre scolaire catholique Saint-Benoît de Moulins. Plus d'une centaine d'élèves de la sixième à la seconde ont participé à ses grands spectacles programmés chaque année au théâtre municipal de la ville.

Dans le cadre de son atelier de chant "Atout cœur", l'accusé de 46 ans nouait des relations avec les adolescentes qui tenaient les rôles-titres des Misérables, de Robin des Bois ou d'Artagnan.

Charmées et impressionnées par cet homme de vingt ans leur aîné, les plaignantes, alors âgées de 14 à 17 ans, ont lié avec lui des relations père-fille, au point de l'appeler, à sa demande, leur "Papa d'amour". Faisant office de confident et de père de substitution, il leur laissait des petits mots doux dans les poches et offrait bijoux, parfums et sous-vêtements féminins. 

Mises en confiance, les  adolescentes étaient ensuite invitées à son domicile du Maine-et -Loire, où il vivait avec femme et enfants. C'est dans cette maison qu'il a imposé la majorité des faits qui lui sont reprochés - baisers forcés, caresses, pénétrations sexuelles non protégées, parfois à plusieurs, demandes de fellation - à des jeunes filles vierges et tétanisées, ne sachant comment lui résister.

"Comme à la cour du roi Louis XIV, il mettait dans son lit l'une de ses favorites en fonction de ses envies et de ses appétences", a décrit la substitut du procureur de la République à Moulins, Audrey Galaud.

Les jeunes filles, un temps vilipendées sur les réseaux sociaux lors de la révélation de l'affaire, n'étaient pas, selon elle, des "cochonnes de 15 à 17 ans qui sont allées chercher le loup. C'est bien le loup qui est entré dans la bergerie", a dit la magistrate.

Jean-Philippe Galerie a déjà été condamné une première fois pour corruption de mineur à cinq mois de prison avec sursis en 2011 mais l'enquête de l'époque n'avait pas recensé d'autres victimes.

Seule une ancienne victime devenue sa compagne - ils se sont séparés il y a deux semaines - et qui ne s'est pas constituée partie civile, a assuré à la barre de son consentement envers celui qu'elle considérait seulement "comme un amant plus âgé".

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