OM - Atlético de Madrid : comment la sécurité est assurée à Lyon

OM - Atlético de Madrid : comment la sécurité est assurée à Lyon
Le ministre de l'Intérieur et ex-maire de Lyon, Gérard Collomb, passe la journée sur place, mercredi (archives).

leparisien.fr, publié le mercredi 16 mai 2018 à 18h28

Dix unités mobiles seront mobilisées, soit 1250 hommes, policiers, gendarmes et CRS. Dans l'enceinte du stade, 1100 stadiers seront déployés.

La préfecture évoque « un dispositif exceptionnel », « deux fois plus important que lors des matchs de l'Euro 2016 ». La finale de la Ligue Europa entre Marseille et l'Atlético de Madrid sera placée sous haute surveillance à Lyon (Rhône), ce mercredi soir, sur fond de rivalité entre supporters marseillais, lyonnais et madrilènes.

Dix unités mobiles seront mobilisées, soit 1250 hommes, policiers, gendarmes et CRS, auxquels s'ajouteront un hélicoptère et deux canons à eau, ainsi que les polices municipales de Lyon et de Décines, où se trouve le Groupama Stadium.

«On a mis de gros moyens en place »

«On a mis de gros moyens policiers en place, mais il faudra à l'avenir que les présidents des clubs prennent en main leurs supporters, parce qu'on va finir sinon par ne plus pouvoir organiser de matchs », a confié Gérard Collomb au commissariat central de Lyon devant les policiers, en présence de l'un de nos journalistes. Par ailleurs, une enquête préliminaire préventive a été ouverte -une première-, afin d'arrêter tous les hooligans, sur la base d'informations transmises par les services de renseignements, avant qu'ils ne commettent leurs méfaits.

Dans les deux municipalités, la vente d'alcool à emporter a été interdite par arrêté préfectoral sur toute la journée, de même que dans les gares et à l'aéroport Lyon Saint-Exupery. Il n'y aura ni « fan zone », ni « fan walk » (défilé de supporteurs). Le centre-ville n'est toutefois pas défendu aux fans.

1100 stadiers

Dans l'enceinte du stade, 1100 stadiers seront déployés. Le Groupama Stadium y assure la sécurité avec un PC commun aux forces de l'ordre. Les supporters de l'OM prendront place au sein du virage Sud, ceux de l'Atlético à l'opposé, au Nord.

A l'entrée du stade, « il y aura des zones tampons pour éviter que les groupes de supporters se rencontrent », détaille le préfet de la région Auvergne Rhône-Alpes, Stéphane Bouillon, cité par Lyon Capitale. Sur RMC, il expliquait mercredi matin que « l'objectif » était de « faire en sorte qu'il « ne puisse pas y avoir de confrontation entre les uns et les autres », que ce soit « par l'organisation du stade » comme dans « les moyens de transports en commun » grâce à un maillage policier d'importance.

La surveillance des supporters de l'OM débutera à l'embarquement à Marseille et se poursuivra lors des étapes sur le trajet. Quelque 35 000 places ont été vendues en mars-avril, avant de connaître les finalistes. Les supporteurs de l'Atlético en ont acheté 9500 et ceux de l'OM 11 500. La préfecture s'attend par ailleurs à voir arriver entre 2000 et 3000 Marseillais sans billets.

Escalade verbale

La question de leur sécurité se pose d'autant plus que la rivalité entre Marseille et Lyon, dont certains fans peuvent être violents, a probablement atteint un de ses pics historiques cette saison après la bagarre survenue le 18 mars à la fin du match remporté par l'OL à Marseille (3-2).

S'en était suivie une escalade verbale entre les présidents des deux clubs, le président marseillais Jacques-Henri Eyraud accusant à mots couverts son homologue lyonnais Jean-Michel Aulas, lui-même peu avare en paroles polémiques, d'influencer l'arbitrage en Ligue 1.

Les sanctions prises par la commission de discipline de la Ligue de football professionnel, alourdies en appel pour les Lyonnais, n'ont rien arrangé. De même que la chanson de certains supporteurs de l'OM, devenue virale sur Internet, appelant à « tout casser » à Lyon.

« Très bien reçus »

Après avoir jeté de l'huile sur le feu, les deux présidents ont tenté de calmer le jeu. Aulas, qui rêvait de jouer la finale à domicile avec son équipe, a assuré que l'OM et l'Atlético seraient « très bien reçus » au Groupama Stadium et qu'il se tiendrait en tribune au côté de Jacques-Henri Eyraud. « Il ne doit y avoir aucun incident dans le stade comme en dehors », a renchéri le président marseillais.

Ces déclarations d'intention ne rassurent pas tous les supporters. Thomas, fan de l'Olympique de Marseille, a acheté ses places via l'UEFA et se rend seul au stade ce mercredi soir. Il dit ne pas avoir reçu de consignes de sécurité spécifiques. « Avec les groupes d'ultras lyonnais, ça va être plus compliqué de faire la fête et de passer la journée entière à Lyon », s'inquiète-t-il. Par mesure de précaution, ce gaillard de 29 ans a prévu de ne se rendre aux alentours du stade qu'en fin d'après-midi.

Sur le pied de guerre, les forces de l'ordre surveilleront toute la journée l'éventuelle arrivée inopinée de groupes de supporters lyonnais. Face au CSKA Moscou, lors du dernier match de Lyon en Ligue Europa, des ultras de l'OL s'en étaient pris à des policiers. « Nous en avons tiré la leçon », appuie Lucien Pourailly, directeur départemental de la sécurité publique.

Les autorités ont notamment sommé les personnes interdites de stade, qu'il s'agisse de Marseillais et de Lyonnais, « de pointer » au commissariat « pendant la durée du match », selon le préfet Stéphane Bouillon.

Gérard Collomb sur place

La ministre des Sports, Laura Flessel, et le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, passent par ailleurs la journée sur place, où ils doivent rencontrer les forces de l'ordre présentes avant le coup d'envoi. « J'y resterai pour le match parce que les violences peuvent se produire avant et après » la rencontre, confiait l'ex-maire de Lyon sur RTL ce mercredi matin.

D'autant que les autorités doivent également composer avec les ultras de l'Atlético, parfois classés à l'extrême droite. En novembre 2014, certains avaient été mêlés à une bagarre avec leurs rivaux de La Corogne et un Galicien avait trouvé la mort. Un vieil antagonisme oppose en outre l'Atlético et l'OM : un ultra marseillais avait été condamné à de la prison ferme pour des violences commises en 2008 en marge d'un match à Madrid.

En mars, des incidents avaient également marqué le déplacement de Marseille en Espagne pour y affronter l'Atlético Bilbao, en 8e de finale de Ligue Europa. Les supporters de l'OM « ne sont pas belliqueux », tempère le responsable de la sécurité du club, Thierry Aldebert. Mais « s'ils sont attaqués, je ne pense pas qu'ils passeront leur chemin ». « On ne peut exclure qu'il y ait des « fights » », reconnaît le préfet du Rhône.

A Marseille, le Vieux-Port surveillé

Enfin, les mouvements de supporters seront également surveillés à Marseille. Pour assurer la sécurisation des fans qui regarderont le match dans les établissements en bordure du Vieux-Port, 300 membres de le police nationale, une cinquantaine de policiers municipaux, 80 vigiles et 100 marins-pompiers seront mobilisés.

En cas de victoire marseillaise, une partie des effectifs restera sur place tard dans la nuit, les autorités redoutant qu'une partie des supporters ayant fait le déplacement à Lyon poursuive la fête sur le Vieux-Port à leur retour, vers 4h du matin. Enfin, au stade Vélodrome, où le match sera retransmis sur un écran 50 % plus grand que lors de la demi-finale retour, des effectifs en civil et une compagnie de CRS seront déployés.

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