Notre-Dame-des-Landes : premières condamnations après les débordements

Notre-Dame-des-Landes : premières condamnations après les débordements

Nantes (Loire-Atlantique), samedi 14 avril. C'est lors de cette manifestation de soutien, qui a rassemblé jusqu'à 6 700 personnes, que les arrestations ont eu lieu.

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leparisien.fr, publié le mardi 17 avril 2018 à 08h03

Des peines de prison ferme étaient requises, trois personnes ont écopé de cinq à six mois de prison avec sursis. Elles avaient été interpellées en marge de la manifestation de samedi à Nantes.

Une semaine après le début de l'évacuation, par 2 500 policiers, de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, et les heurts qu'elle a provoqués, les premières sanctions judiciaires ont été prises. Trois personnes ont été condamnées lundi par le tribunal correctionnel de Nantes à des peines de « 5 ou 6 mois » de prison avec sursis pour « violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique », selon le communiqué du procureur général près la cour d'appel de Rennes, faisant état de nouvelles interpellations.

Ces trois personnes faisaient partie d'un groupe de sept, interpellées pour six d'entre elles durant la manifestation de samedi dernier à Nantes en soutien aux zadistes. Elles étaient jugées en comparution immédiate.

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Parmi elles, Eric, chef de service à l'université de Nantes, a raconté à l'audience avoir été séparé de sa femme et de sa fille de 23 ans « dans une pluie de gaz lacrymogène » puis avoir pris en charge un couple « asphyxié ». De rage et consterné par l'ampleur des moyens policiers mis en œuvre, il a reconnu avoir renvoyé aux CRS « deux ou trois » de leurs grenades. Le ministère public a demandé deux mois ferme avec mandat de dépôt. En plus de six mois de prison avec sursis, Eric a aussi été condamné à verser 650 € de dommages-intérêts au policier qui s'était constitué partie civile. Il y avait aussi Loïc, 20 ans, étudiant, qui a raconté avoir « écarté » du pied une grenade lacrymogène. Et Pierre, 31 ans, ambassadeur du tri sélectif pour une agglomération.

Un Britannique maintenu en détention

Les quatre autres personnes, interpellées pour des faits similaires, ont demandé un délai pour préparer leur défense et seront jugées fin mai. Pour les quatre, le procureur de la République avait demandé l'incarcération. L'un d'eux, un ressortissant britannique, a été maintenu en détention dans l'attente de son procès le 18 mai et les trois autres ont été laissées en liberté sous contrôle judiciaire avec interdiction de paraître à Nantes ou dans le département de Loire-Atlantique.

Par ailleurs, deux mineurs âgés de 15 ans ont été mis en examen lundi par le juge des enfants de Nantes notamment « pour des faits de participation à un attroupement malgré sommations ». Ils ont fait l'objet d'une mesure de réparation pénale.

Depuis le déclenchement de l'opération ZAD, 24 personnes ont été interpellées. Présageant des manifestations et des gardes à vue en nombre, les parquets de Nantes et de Saint-Nazaire se sont organisés pour pouvoir répondre à l'afflux de procédures.

Sept personnes interpellées dans la Zad jugées aujourd'hui

Ce mardi, trois personnes interpellées dimanche matin dans la ZAD avant le rassemblement de soutien aux zadistes comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Nantes pour « violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique ». Elles ont été placées en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention dans l'attente de leur comparution.

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Quatre autres personnes pourraient être jugées dans la journée. Interpellées dimanche, à 19h45, dans la ZAD pour des « violences aggravées », leur garde à vue a été prolongée lundi soir par le parquet de Saint-Nazaire et elles devraient être déférées mardi « dans la perspective d'une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel », indique le procureur général.

De plus, deux autres ont été interpellées lundi matin dans la zone relevant du tribunal de grande instance de Nantes et étaient toujours en garde à vue lundi soir.

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