Notre-Dame-des-Landes : 8 manifestants présentés à un juge à Nantes

Notre-Dame-des-Landes : 8 manifestants présentés à un juge à Nantes

Nantes, samedi 14 avril. La police a employé des gaz lacrymogènes pour disperser la manifestation au sein de laquelle des « éléments perturbateurs » lançaient des projectiles sur les forces de l'ordre.

leparisien.fr, publié le lundi 16 avril 2018 à 18h55

Interpellées samedi à Nantes en marge de la manifestation de soutien aux zadistes, six personnes ont été déférées ce lundi avant d'être jugées en comparution immédiate dans l'après-midi. Deux mineurs seront présentés à un juge pour enfants.

Parmi les douze manifestants pro-zadistes placés samedi en garde à vue, huit ont été déférés ce lundi en vue d'un jugement, souhaité rapide pour certains. Les six adultes impliqués dans les affrontements avec les forces de l'ordre, intervenus lors d'une manifestation de soutien à la Zad de Notre-Dame-des-Landes à Nantes, seront en effet jugés en comparution immédiate dans l'après-midi. Les deux mineurs seront, eux, présentés à un juge pour enfants.

Trois autres manifestants ont été remis en liberté après avoir reçu une convocation à comparaître ultérieurement. Un dernier a été maintenu en garde à vue.

Par ailleurs, une enquête de flagrance pour violences aggravées a été confiée à la section de recherches d'Angers. Elle doit faire la lumière sur un jet d'engin explosif contenant des billes d'acier et qui a blessé trois gendarmes dimanche matin, lors de heurts en marge du rassemblement pacifique organisé par la coordination des opposants directement sur la Zad. L'un des militaires, polycriblé aux jambes et aux mains, a été évacué vers le centre hospitalier de Nantes où il devait être opéré lundi.

L'occupation continue

En parallèle, les gendarmes continuaient ce lundi à dégager les routes de la Zad après de nouvelles barricades remontées dans la nuit, au 8e jour des opérations. Selon une source proche du dossier, la nuit a été plutôt calme.

Mais après le passage des gendarmes pour dégager la route, les zadistes remontaient à nouveau leurs barricades sur la D81 en fin de matinée, tandis qu'un hélicoptère de gendarmerie survolait toujours la zone. Des tirs de grenade ont encore résonné, notamment au « Gourbi », un lieu de vie emblématique de la Zad détruit la semaine dernière, où les zadistes ont acheminé dimanche une charpente en bois qui a finalement été détruite ce lundi par les forces de l'ordre.

Des « professionnels de la confrontation »

Comme Emmanuel Macron, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a dénoncé sur Radio Classique des « professionnels de la confrontation » venus renforcer les opposants à l'évacuation de la Zad, affirmant que certains participaient également aux blocages d'universités.

Il a réfuté tout « échec » huit jours après le lancement des opérations d'expulsion, émaillées d'affrontements. Les gendarmes ont « démoli » 35 « cabanes » sur les 36 prévues, a-t-il précisé. Et d'insister : « Nous rétablissons chaque jour l'ordre républicain parce que la force doit rester à la loi. »

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La veille, dans son grand entretien sur BFM TV, Emmanuel Macron a par ailleurs confirmé que la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, avait tendu la main aux zadistes, y compris les expulsés, en les invitant à déclarer leurs projets agricoles d'ici le 23 avril pour amorcer un « processus de régularisation ».

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