Nordahl Lelandais et sa thèse des décès accidentels

Nordahl Lelandais et sa thèse des décès accidentels

Comme pour la mort de Maëlys, Nordahl Lelandais a défendu la thèse de l'accident pour la mort d'Arthur Noyer.

leparisien.fr, publié le samedi 07 avril 2018 à 08h12

L'ex-maître chien avoue avoir frappé ses deux victimes, mais prétend qu'il a tué involontairement la petite Maëlys et le caporal Noyer.

Une claque à l'une, un coup de poing à l'autre. C'est désormais une constante chez Nordahl Lelandais, quand il détaille comment ses victimes sont mortes : il parle de décès accidentels. L'ex maître-chien de 35 ans devenu dealer d'habitude avait déjà indiqué avoir tué de façon « involontaire » la petite Maëlys De Araujo, 9 ans, le 27 août 2017 entre Pont-de-Beauvoisin (Isère) et son domicile de Domessin (Savoie). Et maintenant il évoque « une bagarre » pour expliquer la mort du caporal Arthur Noyer, 24 ans, pris en stop vers 4 heures du matin le 12 avril 2017 après une soirée en discothèque. Il devait rejoindre sa caserne du 13e Bataillon des Chasseurs Alpins (BCA), une unité prestigieuse pour l'appel du matin.

Entendu le 29 mars sur l'assassinat du caporal Arthur Noyer, Nordahl Lelandais a avoué avoir tué le jeune militaire en avril en Savoie. Vendredi, le parquet de Chambéry a donné des précisions sur les déclarations « spontanées » de l'ex-maître chien aux magistrats après les révélations du Parisien/Aujourd'hui en France sur ses aveux la semaine dernière. Des aveux parcellaires et changeants. Le 5 février, le même Nordahl Lelandais reconnaissait « avoir pris en stop » le caporal mais assurait ne pas être « responsable » de sa mort...

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« Il (NDLR : Nordahl Lelandais) fait état d'une bagarre entre eux avec des échanges de coups réciproques [...]. Il a admis avoir frappé de plusieurs coups de poing au visage Arthur Noyer et (que) l'un d'eux avait entraîné la chute de ce dernier », puis indiqué « avoir alors constaté (son) décès », a rapporté le parquet de Chambéry. Le motif de cette altercation présumée n'est toujours pas connu.

L'avocat de la famille du caporal Noyer, Me Bernard Boulloud, s'est refusé à tout commentaire sauf à évoquer la parole de la mère du militaire, Cécile Noyer, toujours discrète et digne : « Le parquet a officialisé qu'il avait avoué. Aux enquêteurs et à la justice de dire la vérité. »

La mort de Maëlys ? La faute d'une claque, dit-ilQuant au scénario de la mort de la petite Maëlys, c'est lors d'une audition le 19 mars qu'il a évoqué la thèse accidentelle du décès de l'enfant. Selon ses dires, il lui aurait lancé une violente claque pour qu'elle se taise alors que l'enfant pleurait et demandait à retourner à la fête de mariage de Pont-de-Beauvoisin où elle avait été invitée avec ses parents.

Une seule claque, toujours selon Nordahl Lelandais, suffisamment violente pour tuer la fillette. Il aurait expliqué avoir arrêté sa voiture avant de prendre le pouls de l'enfant devenu inexistant. Avant de déposer le corps inerte derrière un cabanon de jardin d'un voisin. Il ira le rechercher quelques heures plus tard pour l'emmener sur les pentes du Mont-Grèle à Oncin-Attignat (Savoie) où le corps de Maëlys sera retrouvé le 14 et 15 février. Sollicité vendredi sur ces détails livrés par le suspect, Me Fabien Rajon, avocat des parents de Maëlys, n'a pas donné suite.

Des expertises pour vérifier ses propos« Ce scénario ne repose que sur ses propres déclarations et n'est en rien confirmé pour l'instant par les faits », évoque une source proche du dossier. Et pour cause : les indices confortant cette thèse font défaut. Les expertises sur la fracture de la mâchoire relevée sur la tête de l'enfant lorsque son corps a été retrouvé à la mi-février n'ont pas encore été versées au dossier.

Les expertises doivent faire l'objet, selon nos informations, d'une « unanimité collégiale » pour « faire front » aux « déclarations adaptatives » de Nordahl Lelandais face aux enquêteurs. Un homme qui pendant six mois a nié farouchement être celui qui a enlevé et tué Maëlys jusqu'à une expertise accablante. Celle qui a permis de retrouver d'infimes traces de sang - quasi invisibles - dans la carrosserie du coffre de l'Audi A3 sous les tapis de sol et isolants. De nouvelles expertises ont par ailleurs été sollicitées depuis son dernier interrogatoire.

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