Nord : l'inquiétant profil du collégien qui a avoué un crime gratuit

Nord : l'inquiétant profil du collégien qui a avoué un crime gratuit

Le collégien a été transporté sur les lieux de l'agression. (Ilustration)

leparisien.fr, publié le samedi 07 avril 2018 à 17h55

Cet adolescent de 15 ans a été mis en examen pour l'assassinat d'une femme de 57 ans en octobre dans le Nord. L'enquête montre qu'il était obsédé par l'envie de tuer.

Il voulait commettre un meurtre « pour voir ce que cela faisait ». Aussi ahurissante soit-elle, c'est l'explication fournie par un collégien de 15 ans qui a avoué jeudi l'assassinat de Ginette Alvarez, une mère de famille de 57 ans dont le corps sans vie avait été retrouvé le 19 octobre 2017 sur un sentier de Beauvois-en-Cambrésis (Nord). Une victime manifestement choisie totalement au hasard. « Il était parti de chez lui le matin avec l'intention de tuer quelqu'un. Il est passé à l'acte dès qu'il a croisé une personne suffisamment isolée », indique une source judiciaire.

La satisfaction de cette effrayante obsession semble avoir été la seule motivation de cet adolescent jusqu'ici totalement inconnu des services de police : Ginette Alvarez n'a subi aucune violence sexuelle, elle n'a pas non plus été détroussée. Le collégien, dont le nom était déjà apparu dans l'enquête, a été mis en examen vendredi pour assassinat et placé en détention provisoire.

Aperçu à proximité de la scène de crimeLe jeune homme avait déjà été entendu une première fois par les gendarmes chargés de l'enquête car il avait été aperçu à proximité de la scène de crime le jour des faits. Auditionné comme simple témoin, il avait été relâché. Il venait toutefois de recevoir une nouvelle convocation. « Il s'est sans doute cru ciblé et il a paniqué. C'est à ce moment-là qu'il s'est confié », indique une source proche du dossier.

Jeudi matin, cet élève scolarisé dans un collège de Caudry, la ville où il résidait avec son père, a donc indiqué au sein de l'établissement qu'il s'apprêtait à avouer un meurtre. Immédiatement alertés par la direction, les gendarmes ont pu l'intercepter sur la voie publique. En garde à vue, il a donné des détails sur l'homicide de Ginette Alvarez qui ont convaincu les enquêteurs qu'ils n'avaient pas affaire à un affabulateur. Il a été transporté sur les lieux de l'agression où il a encore donné davantage de précisions. Sur ses indications, un couteau de cuisine qu'il indique avoir utilisé pour commettre son crime a également été saisi en perquisition et fera l'objet d'expertises.

Le mobile effarant avancé par le collégien pour expliquer son geste pose évidemment question. Même s'il suivait une scolarité qualifiée de « chaotique », le jeune homme n'avait aucun antécédent judiciaire. Sa famille ne faisait pas non plus l'objet d'un quelconque suivi. Selon les premiers éléments de l'enquête, il ne souffrait d'aucune pathologie. « On va prendre le temps de vérifier son état psychologique, voire psychiatrique », a indiqué Frédéric Teillet, le procureur de la République de Douai.

«Un intérêt malsain pour les sites d'ultra-violence ou même de torture»Lors de sa garde à vue, le collégien a toutefois exprimé « un intérêt malsain pour les sites d'ultra-violence ou même de torture », précise une source proche du dossier. « Il avait des préoccupations morbides et meurtrières très dérangeantes », souligne cet interlocuteur. Son ordinateur a été saisi et fera, là encore, l'objet d'expertises.

Décrite comme une femme « très discrète et effacée », Ginette Alvarez avait l'habitude de se promener sur le chemin où elle a perdu la vie. Depuis de nombreuses années, cette caudrésienne qui vivait seule dans son appartement fréquentait le club de gymnastique de la commune, où elle assistait à des cours de fitness ou de danse country. « C'était une femme sans histoire qui se livrait peu, relate Marie-Claude Duez, la secrétaire adjointe du club. Même si on est soulagé que l'enquête soit résolue, les circonstances de sa disparition sont totalement incompréhensibles. »

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