Mort du petit Tony: le parquet général fait appel de la relaxe du voisin pour non dénonciation de mauvais traitements

Mort du petit Tony: le parquet général fait appel de la relaxe du voisin pour non dénonciation de mauvais traitements
Le parquet général annonce se pourvoir en cassation contre l'arrêt de la Cour d'appel de Reims ayant confirmé la relaxe du voisin du "petit Tony", ce garçonnet de trois ans tué par les coups de son beau-père en 2016 ...

, publié le mercredi 06 janvier 2021 à 13h24

Le parquet général a annoncé mercredi se pourvoir en cassation contre l'arrêt de la Cour d'appel de Reims ayant confirmé la relaxe du voisin du "petit Tony", ce garçonnet de trois ans tué par les coups de son beau-père en 2016 à Reims.

Poursuivi pour "non dénonciation de mauvais traitements sur mineur", ce voisin avait été relaxé par le tribunal correctionnel de Reims en octobre 2019.

Le parquet avait alors fait appel de cette décision, qui estimait que le prévenu n'avait pas une connaissance exacte de ce qui se passait chez Caroline Létoile, la mère du petit Tony, et Loïc Vantal, son beau-père. La cour d'appel a confirmé la relaxe le 30 décembre 2020.

La mère et le beau-père seront jugés du 1er au 4 février devant les assises de la Marne pour respectivement "non assistance en personne en danger" et "coups mortels".

Ce voisin "a déclaré entendre tous les matins le jeune Tony se faire injurier et entendre qu'on lui +mettait sa tête dans son pipi+. Ces faits à eux seuls constituent des maltraitances", explique le parquet général dans un communiqué.

"Par ailleurs, il est établi" qu'il "n'a pas dénoncé les faits à une autorité judiciaire et administrative", poursuit le parquet général.

Selon lui, l'information au bailleur social et l'affichage d'une brochure dans le hall de l'immeuble ne sauraient s'analyser comme une dénonciation à une autorité judiciaire et administrative.

"Le texte demande une dénonciation et ne se contente pas d'une tentative. L'information des autorités aurait sûrement évité l'issue fatale" pour ce jeune enfant, analyse le parquet général.

Le 26 novembre 2016, les pompiers rémois avaient répondu à l'appel d'une maman de 19 ans pour porter secours à son fils qui, selon elle, avait perdu connaissance à la suite d'une chute.

Les secouristes constataient alors que l'enfant, dans un "état particulièrement grave", présentait "de nombreux hématomes sur le corps", comme l'indiquera le procureur de la République Matthieu Bourrette dans une conférence de presse tenue deux jours après le drame.

Tony décédait à son arrivée aux urgences pédiatriques du CHU de Reims, où un médecin remarquait des traces de coups de poing au ventre.

L'autopsie a démontré que la mort de l'enfant était due à un éclatement de la rate et du pancréas datant de 48 heures. Le rapport faisait également état de nombreuses lésions traumatiques sur le visage et le corps de la jeune victime, ainsi que de plusieurs fractures des côtes, anciennes et récentes.

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