Mort de Jimony: une expertise ne "relève aucune lésion traumatique mortelle"

Mort de Jimony: une expertise ne "relève aucune lésion traumatique mortelle"
Rassemblement devant la maison d'arrêt de Meaux après la mort d'un détenu, à Meaux-Chauconin, le 7 février 2021

publié le vendredi 18 juin 2021 à 16h34

L'expertise médicale réalisée après la mort en février d'un détenu à la prison de Meaux (Seine-et-Marne) "ne relève aucune lésion traumatique mortelle", a indiqué vendredi le parquet qui a ouvert information judiciaire pour violences volontaires destinée à déterminer une éventuelle responsabilité de surveillants.

Le 25 janvier, Jimony Rousseau, 28 ans, avait été transporté en arrêt cardiovasculaire à l'hôpital après avoir été "maîtrisé" par des gardiens lors d'un incident. Il y était décédé huit jours plus tard.

L'autopsie avait conclu à "l'existence d'un œdème cérébral dû à un arrêt cardiaque prolongé".

Un trouble du rythme cardiaque à l'origine de l'arrêt cardiorespiratoire peut aussi "expliquer les troubles du comportement présentés avant son interpellation", indique l'expertise médicale qui s'est fondée sur les résultats de l'autopsie et des analyses complémentaires.

Il relève que le détenu "présentait un état pathologique antérieur caractérisé notamment par une embolisation pulmonaire et cardiaque", "comportant une zone de fibrose présente dans le myocarde, en lien avec la présence d'un projectile à plomb" à la suite d'une agression par arme à feu en 2017", selon le rapport.

L'expert conclut que "M. Rousseau était un sujet à risque de décès subit et prématuré". 

"On note une fragilité de santé mais ce sont les coups qui ont précipité la mort, cela ne lui a laissé aucune chance. S'il n'avait pas reçu les coups, il serait toujours là", estime Me Sonia Kemel, avocate de la famille du détenu.

Les premiers éléments de l'enquête communiqués par le parquet à l'époque des faits avaient indiqué que le détenu avait refusé de réintégrer sa cellule après une promenade dans la cour de la maison d'arrêt.

"Il se serait opposé violemment à son menottage, notamment en mordant au sang l'un des surveillants pénitentiaires, lesquels usaient de la contrainte pour le faire lâcher prise et le maîtriser", avait rapporté la procureure.

Une fois au quartier disciplinaire, le personnel avait constaté que Jimony Rousseau était devenu subitement calme. Le Samu avait été appelé et il avait été transféré à l'hôpital en arrêt cardio-vasculaire.

Interrogé par l'AFP, un surveillant pénitentiaire de la prison de Meaux avait affirmé que le détenu "vulnérable, a été roué de coups" notamment "à la tête" par "des agents alors qu'il était menotté et maîtrisé au sol".

La mort de Jimony Rousseau a fait également l'objet d'une inspection administrative diligentée par le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti. 

"Le rapport a été remis" il y a quelques semaines, a indiqué à l'AFP Stéphane Scotto, directeur intérregional des services pénitentiaires, précisant que "des compléments d'investigation" sont en cours sur "les parts des différents acteurs".

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