Mort d'une manifestante: "c'est Macron qui l'a tuée"

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Une manifestation des "gilets jaunes" au Pont de Beauvoisin, en Savoie, le 17 novembre 2018
Une manifestation des "gilets jaunes" au Pont de Beauvoisin, en Savoie, le 17 novembre 2018
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© AFP, ROMAIN LAFABREGUE

AFP, publié le samedi 17 novembre 2018 à 14h50

Une manifestante a été écrasée samedi en Savoie par une automobiliste tentant de forcer un barrage routier: "c'est Macron qui l'a tuée", lance un "gilet jaune", affichant sa détermination à poursuivre le mouvement.

Une femme d'une soixantaine d'années a perdu la vie en début de matinée au Pont-de-Beauvoisin, une des deux communes portant ce nom de part et d'autre de la rivière Guiers en Isère et en Savoie, déjà sous les feux de l'actualité pour avoir été le lieu du retentissant enlèvement de Maëlys De Araujo.

La victime était là "par la faute à Macron", lance, énervée, Emilie Iacono, interrogée par l'AFP juste à côté du magasin HyperU.

Les manifestants, dont deux gendarmes relevaient les identités, s'y sont concentrés après avoir évacué le lieu du drame situé à quelques centaines de mètres de là dans la même zone commerciale.

Et ils y poursuivaient leur mouvement, en filtrant le trafic. "On continue à se mobiliser pour la femme décédée", souligne Ymona Chaabane, 20 ans.

Sans susciter de tensions notables avec les automobilistes dont beaucoup avaient disposé un gilet jaune sur leur tableau de bord.

"C'est ça la terreur, ne plus savoir comment vivre", ajoute Mme Iacono affirmant ne plus avoir "un euro en poche le 17 du mois". "La personne qui est morte n'avait encore jamais manifesté mais n'avait pas d'autre choix que de manifester".

"On veut bien travailler mais pas à perte. Le but n'est pas de foutre le bordel, mais de récupérer nos droits. Quand on voit qu'à deux salaires on n'arrive pas a boucler le mois !", se désole Joffrey Gouillet, 27 ans.

Faisant en direct devant les télévisions son rapport au ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le préfet de Savoie Louis Laugier a expliqué qu'il y avait au moment du drame une quarantaine de personnes mobilisées au Pont-de-Beauvoisin sur plusieurs sites. Aucune de ces manifestations n'était déclarée. 

"Une conductrice qui emmenait sa fille chez le médecin est arrivée au barrage. Des personnes ont tapé sur sa voiture; elle a paniqué et a accéléré", a expliqué M. Laugier.

La victime a été renversée par la voiture et s'est fait rouler dessus, selon des témoignages recueillis sur place par l'AFP.

"Elle est morte sous mes yeux", raconte Sandrine Baule, une ambulancière de 35 ans. Selon elle, la conductrice "n'a même pas cherché à discuter". Au volant de son 4x4 Audi, elle "a fait un premier à-coup, un second, puis a foncé".

"Les gendarmes (...) étaient quelques minutes après sur les lieux. Les sapeurs-pompiers (...) étaient là 10 minutes après" mais n'ont pu ramener à la vie la victime, qui était en arrêt cardio-respiratoire, a précisé le préfet.

A Grenoble, une minute de silence devait être organisée par la branche locale des "gilets jaunes", en hommage à la personne décédée.

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