Mort d'Emiliano Sala : l'organisateur du vol, David Henderson, condamné à 18 mois de prison

Mort d'Emiliano Sala : l'organisateur du vol, David Henderson, condamné à 18 mois de prison
L'hommage à Emiliano Sala au stade de la Beaujoire à Nantes, le 8 février 2019.

publié le vendredi 12 novembre 2021 à 14h42

Le joueur argentin Emiliano Sala avait été tué le 21 janvier 2019 dans le crash de son avion alors qu'il rejoignait son nouveau club de football, Cardiff City. 

18 mois de prison pour avoir engagé un pilote qu'il savait non qualifié. David Henderson, l'intermédiaire qui a organisé le vol dont le crash a coûté la vie au footballeur argentin Emiliano Sala en 2019, a été condamné vendredi 12 novembre.

Le 28 octobre, après deux semaines d'audience et sept heures de délibéré, le jury populaire d'un tribunal de Cardiff avait déclaré David Henderson, 67 ans, coupable d'imprudence ou négligence susceptible d'avoir mis en danger un appareil et laissé depuis en liberté. Il avait, par ailleurs, plaidé coupable de transport d'un passager sans autorisation valide.




Le petit avion privé à bord duquel se trouvait le joueur de 28 ans et le pilote David Ibbotson s'était abîmé dans la Manche le 21 janvier 2019. L'attaquant du FC Nantes rejoignait le club de Cardiff City, où il venait d'être transféré pour 17 millions d'euros. Le corps du joueur avait été retrouvé dans la carcasse de l'appareil, plus de deux semaines après l'accident, à 67 mètres de profondeur. Le corps du pilote, âgé de 59 ans, n'a lui jamais pu être retrouvé. 

Plusieurs infractions selon la propriétaire de l'avion

Selon l'accusation, le prévenu devait initialement piloter l'appareil mais, en vacances à Paris avec sa femme, il avait confié le transport à David Ibbotson. Sans licence de pilote commercial, sa qualification pour ce type d'appareil avait expiré et il n'était pas compétent pour voler de nuit. La propriétaire de l'avion, le Piper Malibu, avait d'ailleurs indiqué lors de son témoignage avoir demandé explicitement par écrit au prévenu de ne plus recourir aux services de David Ibbotson, après plusieurs infractions signalées.

Produisant des SMS à l'audience, le procureur Martin Goudie avait accusé l'intermédiaire d'avoir agi "dans son intérêt financier" sachant pertinemment que le pilote n'était pas qualifié. "Il a ignoré certaines exigences (de sécurité) lorsque cela l'arrangeait, lui et ses intérêts commerciaux", a reproché le procureur. 

Un crash à 435 km/h

De son côté, la défense avait réfuté toute "imprudence", affirmant que les manquements aux règlements reprochés à son client relevaient "purement d'une question de paperasse" et qu'ils n'avaient pas conduit à mettre réellement le vol en danger. Elle avait assuré que la seule différence entre une licence commerciale et privée relevait de la possibilité de faire payer les passagers, sans que cela ne dise rien des capacités du pilote, qui comptait plus de 3.500 heures de vol à son actif. Indiquant envisager un appel, l'avocat de David Henderson a relevé que les autorités de l'aviation civile "avaient toujours accepté" le fait que l'organisation du vol en elle-même n'avait pas causé le crash et que l'appareil était correctement entretenu, leur rapport "suggérant" un dysfonctionnement de l'avion.

Dans son rapport définitif publié en mars 2020, le bureau d'enquête britannique sur les accidents aériens avait estimé que le pilote a "probablement" été intoxiqué au monoxyde de carbone par le système d'échappement du moteur. Il avait conclu que celui-ci avait perdu le contrôle de l'appareil lors d'une manœuvre effectuée à une vitesse trop élevée, "probablement" destinée à éviter le mauvais temps. L'avion était lancé à une vitesse de 435 km/h au moment de l'impact avec l'eau, ne laissant aucun espoir de survie.

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