Moines de Tibéhirine : les dernières expertises confirment une décapitation post-mortem

Moines de Tibéhirine : les dernières expertises confirment une décapitation post-mortem

Sur cette photo non datée, apparaissent notamment les sept moines de Tibéhirine assassinés.

leparisien.fr, publié le jeudi 29 mars 2018 à 08h27

Les dernières conclusions scientifiques confirment également que les religieux auraient été tués plusieurs semaines avant l'annonce officielle de leur mort en mai 1996.

Vingt-deux ans après la mort des sept moines de Tibéhirine (Algérie), une nouvelle expertise scientifique relance les soupçons de manipulation des services algériens. Révélé par France Inter, le rapport de 185 pages conclut de manière « plausible » que les moines ont été tués plusieurs semaines avant la découverte officielle des sept têtes. Il explique également que les dépouilles ont été décapitées après la mort.

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, des hommes armés avaient enlevé les sept moines, Christian de Chergé, Luc Dochier, Paul Favre-Minville, Michel Fleury, Christophe Lebreton, Bruno Lemarchand et Célestin Ringeard. Ils avaient entre 45 et 82 ans. Le Groupe islamique armé (GIA) a revendiqué le rapt et leur assassinat.

Leurs têtes ont été retrouvées à Médéa, le 30 mai, mais leurs corps n'ont jamais été découverts. Depuis, d'autres thèses que celles d'un acte du GIA ont été évoquées. Des témoignages ont notamment laissé penser qu'il pourrait s'agir d'une bavure de l'armée algérienne, qui aurait tué les moines lors d'une intervention en hélicoptère contre un bivouac où ces derniers se trouvaient avec leurs ravisseurs.

Des prélèvements effectués en 2014En octobre 2014, deux juges français, Marc Trévidic et Nathalie Poux, se sont rendus en Algérie avec une équipe d'experts. Après exhumation des têtes, des prélèvements ont été effectués, mais les autorités algériennes se sont opposées à leur transfert en France. Elles ne l'ont finalement autorisé qu'en juin 2016

Les tombes des sept moines sont dans leur monastère de Tibéhirine en Algérie. LP/Zinedine Zebar

Grâce à leurs analyses, les experts ont écrit que « l'hypothèse la plus probable est celle d'empupements (ndlr : l'apparition de cocons d'insectes) survenus avant la découverte des têtes, le 30 mai 1996. Selon cette hypothèse, le décès serait antérieur de plusieurs jours à la découverte des têtes ». Plus précisément, ils estiment que le décès serait survenu entre le 25 et 27 avril 1996. Les têtes auraient été inhumées une première fois avant d'être déterrées pour être découvertes. Un premier rapport d'expert remis en juin 2015 sur la base de seules constations effectuées sur place expliquait également que la mort des moines remontait vraisemblablement à fin avril 1996.

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L'hypothèse d'une bavure de l'armée algérienne est affaiblie par le fait que les analyses n'ont montré aucune trace de particules métalliques sur les sept prélèvements osseux. « Il convient cependant de relativiser cette conclusion dans la mesure où des particules de très petites tailles peuvent être en dessous du seuil de détection du micro-scanner », nuancent, tout de même, les experts.

« La version des autorités algériennes ne tient pas »En l'absence des corps, les experts ne peuvent toujours pas se prononcer sur les causes exactes du décès des sept moines, immortalisés dans le film de Xavier Beauvois « Des hommes et des dieux ». Mais leur rapport affaiblit la version officielle des autorités algériennes. « Nous pensons que cette version simpliste - à savoir un enlèvement et une exécution par le GIA- ne tient pas », martèle Patrick Baudouin, l'avocat des familles des moines, auprès de France Inter.

A la fin du mois de janvier dernier, les sept moines ont été reconnus martyrs en vue de leur béatification.

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1 commentaire - Moines de Tibéhirine : les dernières expertises confirment une décapitation post-mortem
  • pauvre FRANCE ...............pour la suite .....................