Michel Fourniret : l'Ogre des Ardennes au cœur d'une autre affaire de disparition ?

Michel Fourniret : l'Ogre des Ardennes au cœur d'une autre affaire de disparition ?©Panoramic

, publié le dimanche 14 février 2021 à 10h07

Déjà impliqué dans onze meurtres, dont huit pour lesquels il a été condamné, Michel Fourniret pourrait être lié à la disparition de Lydie Logé dans l'Orne en 1993. Interrogé, le tueur a laissé planer le doute, selon Le Parisien.
 
Le parcours sanguinaire de Michel Fourniret a peut-être connu une étape supplémentaire.

Celui qui a été surnommé "l'Ogre des Ardennes" a déjà été condamné pour huit meurtres et mis en examen pour trois autres. Tous ces faits ont été commis entre 1987 pour le meurtre d'Isabelle Laville dans l'Yonne, et 2003 pour celui d'Estelle Mouzin, à Guermantes, en Seine-et-Marne. À en croire Le Parisien, il se pourrait bien qu'une douzième victime lui soit imputée.


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Lydie Logé, 29 ans, avait disparu dans l'Orne en 1993. Cette date correspond à la "période blanche" entre 1990 et 2000, où aucun meurtre n'a pu être relié à Michel Fourniret. Le 22 décembre dernier, il a été mis en examen pour "enlèvement suivi de mort" sur Lydie Logé, rappelle Le Parisien. À l'époque, la documentaliste était allée faire des courses de Noël, avant de rentrer chez elle vers 19 heures et d'appeler ses parents. Et puis, plus de nouvelles. Son ex-époux avait découvert la maison vide, les portes fermées mais la voiture garée devant avec les clés sur le contact. Comme si elle était partie en urgence, relate Le Parisien, puisque le chauffage était allumé, le linge dans la machine et une casserole sur le feu. Les enquêteurs ont d'abord pensé à une fuite volontaire du fait du profil de la femme qui vivait mal son divorce après sept ans de vie commune et qui aurait eu des idées noires.

Retracer l'itinéraire de Michel Fourniret en 1993

Mais magistrats et enquêteurs, qui œuvrent pour tenter de relier à Michel Fourniret jusqu'à vingt autres victimes potentielles, ont peut-être établi un lien. Des analyses génétiques ont été menées sur des fragments découverts dans le véhicule du tueur, un camion. L'ADN d'un cheveu sur le tapis sous la banquette permettrait de faire le lien. Mais un nouveau problème complexifie l'enquête. En 1993, au moment des faits, Michel Fourniret habitait en Belgique et une note de frais attestant de sa présence existerait. Sa femme, Monique Olivier, mise en examen pour "complicité", n'exclut pas l'idée d'un faux, selon Le Parisien. Plusieurs éléments laissent néanmoins planer le doute. Son fils habitait dans la région, ainsi que plusieurs de ses amis. Il y aurait également le témoignage d'une fillette âgée de 11 ans à l'époque qui aurait échangé avec le couple dans l'Orne.

En garde à vue, Michel Fourniret avait expliqué : "Je ne suis pas sûr mais ce visage-là, je le connais. Ces traits ne me sont pas inconnus. Pour moi, c'est quelqu'un que j'ai déjà rencontré [...]. Si cet ADN a été découvert, c'est qu'elle est passée sur le chemin Fourniret." Du côté des avocats de la mère et des sœurs de Lydie Logé, c'est la stupéfaction : "Cette révélation a été un choc, mes clients n'avaient jamais imaginé la piste Fourniret". Pour l'heure, Michel Fourniret n'a pas fourni d'aveux circonstanciés. Selon Le Parisien, il évoquerait des problèmes de mémoire et ne ferait que des allusions. De nouveaux rebondissements ne sont pas à exclure dans cette affaire.

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