Meurtre de Tom, 9 ans, dans l'Aisne : un «marginal» soupçonné

Meurtre de Tom, 9 ans, dans l'Aisne : un «marginal» soupçonné
Le corps de Tom, 9 ans, a été retrouvé dans cette maison abandonnée à Hérie-la-Viéville dans l'Aisne.

leparisien.fr, publié le mardi 29 mai 2018 à 22h45

Le corps martyrisé de ce garçon, violé et tué, a été découvert lundi soir dans un petit village de l'Aisne. Les enquêteurs ont placé en garde à vue un suspect, Jonathan M., un marginal au profil intrigant.

Le crime odieux a secoué le village du Hérie-la-Viéville, paisible bourgade de 240 âmes perdue dans l'Aisne. C'est sur cette terre d'agriculteurs, entourée de champs labourés et nichée à une trentaine de kilomètres de Saint-Quentin et Laon, que le jeune Tom, 9 ans, a subi un martyre. Lundi soir, son corps sans vie a été découvert partiellement dénudé. Il présente des traces de viols et d'atroces blessures, dont un hématome important au niveau de la tête. Ce sont les parents du garçon, inquiets de ne pas le voir revenir, qui avaient signalé sa disparition.

Les gendarmes de la section de recherches d'Amiens pensent tenir son meurtrier : Jonathan M., 27 ans, un « marginal » du village connu pour des délits mineurs. Mardi matin, cet homme, inconnu du Fichier judiciaire des auteurs d'infractions sexuelles (Fijais), a été placé en garde à vue. « Il refuse totalement de s'exprimer sur les faits », glisse une source proche de l'affaire.

«Il est tombé du mur, je l'ai ramassé et ensuite il est parti»

Le drame s'est noué lundi, en fin d'après-midi. Printemps aidant, le jeune Tom s'amuse dans un champ proche de sa maison en compagnie de son ami Alexandre, 13 ans. « Tom et Alexandre c'était les meilleurs amis, commentent des voisins. Ils jouaient tout le temps ensemble au foot dès qu'ils avaient du temps libre. » Selon eux, le soir des faits, Tom était avec un de ses grands frères. Ils sont allés chercher Alexandre pour cueillir des cerises dans le jardin de la maison abandonnée.

Jonathan, facilement reconnaissable avec sa crête rose en guise de coiffure, les a rejoints. La pêche aux cerises est fructueuse mais un orage menaçant approche. Le grand frère de Tom est le premier à être parti. Puis Alexandre s'en est allé et Tom lui a dit qu'il allait le rejoindre. Il n'est jamais revenu. « L'alerte a été donnée vers 20h30, se souvient un voisin. On est nombreux à avoir participé aux recherches. Jonathan aussi, y compris dans le jardin où on a retrouvé le corps de l'enfant. On lui a demandé s'il n'avait pas vu Tom. Il a dit : Il est tombé du mur, je l'ai ramassé et ensuite il est parti. Il était serein, comme si de rien n'était. On n'aurait jamais pu le soupçonner. »

Jonathan M. participe lui-même aux battues

Dans ce village, tout le monde se fréquente. C'est à 21 heures lundi soir, que, paniquée, la maman s'en remet aux gendarmes. « Jonathan M. est interrogé une première fois à ce moment-là en tant que témoin », révèle une autre source proche de l'affaire. Il guide les enquêteurs vers un endroit en expliquant que « Les petits sont passés par là ». Détail sordide : Jonathan M. participe lui-même aux battues.

A 23 heures, sous l'orage et aidés de projecteurs, les gendarmes retrouvent la dépouille de Tom dans le jardin d'une maison abandonnée. « J'étais avec les gendarmes dans le jardin quand le corps a été retrouvé. Ils m'ont demandé de sortir. Le gendarme qui l'avait trouvé avait les larmes aux yeux, il était sous le choc », se souvient un témoin.

Un parpaing ensanglanté découvert à proximité du corps

Le garçon est vêtu simplement de chaussettes et d'un tee-shirt remonté jusqu'au cou. Selon nos informations, un parpaing ensanglanté est découvert à proximité. Le corps présente, en outre, des blessures « au niveau des parties génitales », selon le médecin légiste. Des traces d'essence sont décelées par les experts. « L'auteur du meurtre a essayé d'effacer les preuves sans réussir à brûler le corps », explique un proche de l'affaire.

Le lendemain, mardi, à 7 heures du matin, les enquêteurs se présentent au domicile de Jonathan M. pour l'interpeller. Sur sa page Facebook, cet homme adepte de « selfies » extravagants, au look punk et aux tatouages à l'effigie de personnages de mangas, se présente comme « sataniste luciférien ». Son mantra ? « Vivre libre ou mourir ». Les gendarmes disposent d'encore 24 heures maximum pour le faire parler.

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