Meurtre de Tom, 9 ans, dans l'Aisne : Jonathan M. nie les faits

Meurtre de Tom, 9 ans, dans l'Aisne : Jonathan M. nie les faits
La Hérie-la-Vi?ville (Aisne), mercredi 30 mai 2018.C'est dans le jardin de cette maison abandonnée que le corps de Tom, 9 ans, a été retrouvé.

leparisien.fr, publié le mercredi 30 mai 2018 à 22h38

Alors que sa garde à vue devait prendre fin jeudi matin, le marginal de 27 ans placé en garde à vue dans l'enquête sur la mort du garçon de 9 ans continuait mercredi à nier toute implication.

« Le suspect continue de nier et l'enquête ne s'annonce pas simple », confiait une source proche de l'affaire. Mercredi soir, les gendarmes de la section de recherche d'Amiens étaient suspendus au retour des expertises ADN et téléphoniques pour percer le mystère entourant la mort de Tom, 9 ans, violé et tué dans le village de Hérie-la-Viéville (Aisne). En garde à vue, le principal suspect, Jonathan M., un marginal de 27 ans, est passé du silence au déni. « A ce stade, il conteste son implication [dans le meurtre] », a souligné ce mercredi le procureur de Laon lors d'une conférence de presse expéditive. Sa garde à vue doit s'achever ce jeudi matin.

Jonathan M. est la dernière personne à avoir vu Tom vivant lundi soir. Il résidait à plusieurs centaines de mètres du domicile de l'enfant. Ensemble, ils étaient partis cueillir des cerises dans un champ du village. Le corps à demi-nu du garçon avait été découvert quelques heures plus tard, dissimulé sous des orties et des palettes de bois. L'autopsie a révélé que Tom a succombé à un « traumatisme crânien ». Des « traces de viol » ont par ailleurs été mis en évidence sur sa dépouille, ainsi qu'une « substance brûlante » pouvant être de l'essence. Selon le procureur, c'est probablement l'orage qui frappait ce soir-là qui a mis en échec la tentative du meurtrier de brûler le corps. Les analyses génétiques pratiquées sur un parpaing ensanglanté, saisi à proximité du lieu du meurtre, étaient toujours en cours mercredi soir. Les enquêteurs pensent qu'il s'agit de l'arme du crime.

D'autre part, les perquisitions menées dans la maison en désordre de Jonathan M., où il vivait seul avec des chats, n'ont rien révélé de probant, selon nos informations. « C'est une course contre la montre avant l'expiration des 48 heures de garde à vue », insistait mercredi soir un proche de l'enquête.

Il se plaignait d'être accusé par un ancien ami de «pédophile»

Les pandores ont analysé l'iPhone du jeune homme et ont remonté le fil d'actualité de sa page Facebook personnelle. Mercredi soir, ils attendaient aussi le retour des expertises informatiques de son ordinateur. Le sort judiciaire du suspect -déferrement ou remise en liberté - dépendait de ces résultats, l'analyse ADN risquant de parvenir trop tard.

Sur les réseaux sociaux, Jonathan M. ne cachait pas sa personnalité excentrique et son narcissisme, publiant des centaines de photos retouchées et messages intimes. L'un de ses écrits, publié il y a deux mois, interroge les enquêteurs : le suspect se plaint d'être accusé par un ancien ami de « pédophile » et menace d'aller porter plainte à la gendarmerie. « Me faire passer pour un violeur d'enfant en bande organisée, ça je n'accepte pas ce genre de rumeurs gratuites et malsaines », écrit-il avec une orthographe approximative.«Ce message est troublant, observe une source proche de l'enquête. Il est intéressant pour comprendre la personnalité de l'individu et le contexte. » Les gendarmes ignorent encore si les faits évoqués sont étayés. Ou s'il s'agit d'un délire d'un jeune homme « souffrant de problèmes de schizophrénie », selon la description faite par sa mère. Aucune procédure ancienne pour des soupçons de pédophilie n'a en tout cas été ouverte au parquet de Laon. Jonathan M. n'est pas davantage fiché comme délinquant sexuel.

Dans le village de Hérie-la-Viéville, les habitants interrogés mercredi disaient n'avoir connaissance d'aucune médisance visant le suspect. De même, ils ne lui connaissaient pas de comportement inapproprié. Lors de son point presse, le procureur a rappelé que Jonathan M. bénéficiait de la présomption d'innocence. «Les parents de Tom sont profondément meurtris, en état de choc, a déclaré leur avocat, Me Paul-Henri Delarue. Ils ont appris que leur fils avait été victime d'un crime particulièrement odieux. Ils habitent dans une toute petite commune où tous les habitants se connaissent. Entre le gardé à vue et leur fils, il y avait vraisemblablement des liens de connaissance. »

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