Meurtre de Sophie Lionnet : «Je ne l'ai pas tuée», affirme Sabrina Kouider

Meurtre de Sophie Lionnet : «Je ne l'ai pas tuée», affirme Sabrina Kouider
Sophie Lionnet avait été engagée comme jeune fille au pair par un couple de Londoniens. Son corps avait été retrouvé carbonisé.

leparisien.fr, publié le mardi 08 mai 2018 à 21h42

Face au procureur, l'ex-employeuse de la jeune fille au pair assassinée Sophie Lionnet clame son innocence contre vents et marées.

« Je ne l'ai pas tuée ! » « Je jure sur mes enfants que je n'ai pas tué Sophie ! » Dix fois, Sabrina Kouider répète cette phrase face aux questions insistantes du procureur. La jeune femme brune, toute de noir vêtue, oscille entre les pleurs et l'énervement, interrompt souvent son interlocuteur. Mais entre les dénégations, elle reconnaît aussi certains faits.

« C'était votre intention de terrifier Sophie ? », interroge le procureur. Lors des multiples interrogatoires de leur jeune fille au pair enregistrés au mois d'août, Sabrina Kouider et Ouissem Medouni menacent de la faire enfermer dans un établissement psychiatrique, de l'envoyer en prison, de ne pas la laisser rentrer en France... « Vous dites que ce ne sont que des mots, mais vous vouliez que Sophie vous croie ? » insiste le procureur. « Oui », finit par articuler l'ex-employeuse. Elle ajoute : « J'étais traumatisée, ce n'était pas une situation normale. » Puis : « Il se passait quelque chose de si horrible... »

Sabrina Kouider et Ouissam Medouni sont accusés d'avoir tué Sophie Lionnet./DR

Cette chose horrible, c'est ce que la jeune femme reprochait à Sophie Lionnet : de participer à un complot contre la famille fomenté par Mark Walton, ex-chanteur de Boyzone et ex-compagnon de Sabrina Kouider. C'est pour cela que le 10 août, après sa visite au commissariat avec la jeune fille au pair, l'employeuse ne renvoie pas Sophie chez elle comme lui conseille la police. « C'est tout, on l'aurait renvoyée à la maison ? Et le reste ? », interroge Sabrina Kouider, presque choquée.

Avant de justifier : « Les enfants avaient besoin de moi, alors j'ai demandé à Ouissem Medouni de prendre le billet. J'aurais dû le faire moi-même, mais je ne l'ai pas fait. » Plusieurs fois pendant l'audience, la brune accusée tente de faire peser la responsabilité sur son compagnon. Pourquoi n'est-elle pas allée porter plainte, quand elle a réussi à faire avouer ses prétendus « méfaits » à la jeune fille au pair ? « Medouni ne voulait pas, il voulait attendre que les bleus disparaissent », argumente Sabrina Kouider.

« Je n'étais pas avec lui quand Sophie est morte »

Des bleus dus aux coups assénés par l'employeuse elle-même, à l'aide de câbles électriques. Pourquoi a-t-elle laissé son compagnon « torturer », selon ses propres mots, la jeune fille au pair dans la baignoire, quelques heures avant sa mort ? « J'avais à faire avec les enfants », assure-t-elle. Mais le procureur n'entend pas distinguer les deux accusés : « C'est Medouni et vous ensemble, n'est-ce pas ? », interroge Richard Horwell.

« À un moment vous êtes tous les trois dans la salle de bains ? », demande-t-il. « Oui », finit par admettre Sabrina Kouider. Mais, soutient-elle, « je n'étais pas avec lui quand Sophie est morte ». L'employeuse affirme que son compagnon l'avait envoyée chercher dans l'appartement le téléphone portable secret de la jeune fille au pair, dont il tentait - en lui plongeant la tête sous l'eau - de lui soutirer le numéro.

Ce 19 septembre, finalement, Sabrina Kouider n'a pas appelé les secours quand elle a, dit-elle, trouvé son compagnon près du corps sans vie de Sophie. « J'ai composé le numéro mais il m'a dit d'attendre. J'avais peur. » Le lendemain, les pompiers découvraient le corps carbonisé de la jeune fille au pair dans le jardin du couple. Il avait voulu s'en débarrasser.

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