Meurtre de Kevin, 17 ans : le scénario du piège sentimental

Meurtre de Kevin, 17 ans : le scénario du piège sentimental
Kevin Chavatte, 17 ans, a été tué samedi après-midi dans le «Bois aux Sœurs» à Mourmelon-le-Grand (Marne).

leparisien.fr, publié le mercredi 06 juin 2018 à 22h21

L'adolescent tué samedi à Mourmelon (Marne) aurait été victime d'un rival avec la complicité de sa petite amie.

Un véritable complot pour se débarrasser d'un soupirant gênant. La justice a dessiné ce mercredi le scénario d'un traquenard infernal qui attendait Kevin Chavatte, 17 ans, samedi après-midi dans le « Bois aux Sœurs » à Mourmelon, le parc situé juste derrière l'église Saint-Laurent dans la célèbre ville de garnison de la Marne, où il a été retrouvé mort.

Un piège infernal qui aurait été tendu par sa petite amie Marine*, 17 ans, avec la complicité d'un autre camarade, Aurélien*, 17 ans aussi. Tous deux ont été déférés au pôle criminel du tribunal de Reims (Marne) ce mercredi où ils ont été mis en examen pour « assassinat », a indiqué sobrement le procureur de la République, Matthieu Bourrette, après une enquête éclair de la gendarmerie. Le magistrat a dénoncé une « dynamique quasiment machiavélique ».

Le scénario est implacable. « Kevin a été attiré par Marine dans le parc, rendez-vous habituel de tous les jeunes de Mourmelon-le-Grand, pour un flirt entre adolescents », indique une source judiciaire. Dans le parc, Aurélien est présent, en possession d'un couteau de combat de l'armée américaine datant de la Seconde Guerre mondiale, disposant d'une lame de dix-huit centimètres. Un cadeau de famille. Habillé en treillis, il a frappé plus d'une vingtaine de fois le jeune Kevin qui a tenté de se défendre face à son assaillant.

«Marine était devenue la chose d'Aurélien»

Aurélien, ex-petit ami de Marine, ne supportait pas d'être « séparée » de la jeune fille qu'il avait entrepris de « reconquérir » après l'avoir perdue au profit de Kevin, excellent élève de Terminale S et le préféré de toutes les « filles ». Et réputé romantique. Il devait passer son bac la semaine prochaine.

« Marine était devenue la chose d'Aurélien », explique un des camarades du mis en examen sur le parvis du lycée Oehmichen à Châlons-en-Champagne où il était scolarisé.

Passionné par l'art et l'histoire militaire, ce jeune homme vivait en treillis. Il s'était renseigné quelques jours auparavant comment procéder pour tuer avec un couteau, auprès de membres d'une association historique. Un jeune qui participait jusque-là avec assiduité à des reconstitutions de bataille. Il songeait même à s'engager dans l'armée.

Un avenir désormais compromis. Ses voisins décrivent un adolescent « solitaire » et « sans aspérité », mais dont la devise sur son compte Instagram était « faites la guerre pas l'amour ». Il collectionnait les répliques d'armes de toutes sortes et les figurines de jeux médiévaux qu'il allait chercher chez un revendeur au centre-ville.

Un portrait-robot falsifié

Il s'était aussi renseigné sur Internet sur la façon dont les enquêteurs réalisaient un portrait-robot après une agression. Marine, lors de sa première audition comme témoin a d'ailleurs égaré les enquêteurs de la gendarmerie en donnant « un portrait-robot falsifié » ressemblant à un homme de type maghrébin. Aucun autre témoin n'avait aperçu ce soi-disant suspect.

Dès lundi soir, Aurélien était arrêté à son domicile de la rue du Chanoine-Courtaux. Là, les gendarmes ont retrouvé l'arme du crime et des vêtements ensanglantés portant notamment des traces ADN du jeune Kevin. Aurélien avait déjà avoué le meurtre de Kevin à sa petite sœur avant de le faire devant les gendarmes mardi.

Marine, arrêtée elle aussi mardi en début d'après-midi, est décrite comme « un peu instable », mais « sans méchanceté ». Son audition a été écourtée en raison d'un malaise. Elle nie toute implication dans ce terrible drame.

Mardi, une amie de Kevin en pleurs, est venue apporter encore une fleur blanche devant la porte du parc jonchées de mots doux.

*Les prénoms ont été modifiés.

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