Meurtre d'une joggeuse près de Toulouse: non-lieu requis pour le seul suspect

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 Une photographie fournie par la Gendarmerie nationale le 16 février 2011 représentant Patricia Bouchon

Une photographie fournie par la Gendarmerie nationale le 16 février 2011 représentant Patricia Bouchon

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© AFP

AFP, publié le jeudi 18 janvier 2018 à 18h31

Rebondissement dans l'affaire toujours non élucidée du meurtre d'une joggeuse à Bouloc près de Toulouse en février 2011: Le parquet général a requis jeudi un non-lieu en faveur du seul suspect incarcéré depuis quatre années.

Pour la fille de la victime Patricia Bouchon, la décision de l'avocat général de la chambre d'instruction de la cour d'appel de Toulouse est "un coup de massue". 

Laurent Dejean, un plaquiste présenté comme "psychotique" pendant l'enquête, est en prison depuis février 2014 pour le meurtre, trois ans plus tôt, de cette secrétaire dans un cabinet d'avocats toulousains.

Mère de famille de 49 ans, elle était partie le 14 février 2011 vers 04H30 du matin faire son jogging autour de Bouloc, à 25 km au nord de Toulouse.

Son corps avait été retrouvé un mois et demi après, vertèbres et crâne enfoncés, un gant en latex enfoncé dans la gorge. Son meurtrier avait aussi essayé de l'étrangler mais aucun abus sexuel n'avait pu être mis en évidence.

Dans son réquisitoire, jeudi, l'avocat général Pierre Bernard a estimé qu'il n'y avait pas, dans le dossier de 50.000 pages, les éléments nécessaires pour un renvoi devant la cour d'Assises, a rapporté à l'AFP Me Guy Debuisson, avocat du suspect.

"C'est une conclusion logique. L'avocat général a fini par s'associer à notre thèse", notamment en raison de l'absence d'ADN, a ajouté Me Debuisson.

Le parquet général, qui s'était pourtant toujours opposé à la remise en liberté de M. Dejean, est ainsi allé à l'encontre du juge d'instruction qui avait renvoyé le principal suspect aux Assises. 

Dans cette affaire, Laurent Dejean avait été gardé à vue à deux reprises avant d'être finalement interpellé le 9 février 2014 puis mis en examen pour "homicide volontaire" et écroué.  

Lors de sa mise en examen, le suspect avait été présenté comme "psychotique", ayant déjà subi des hospitalisations d'office et des "traitements très lourds". Il était aussi adepte des "paradis artificiels, alcool et toxiques divers", selon le parquet. 

Il avait demandé un arrêt de travail, dix jours après le meurtre, pour suivre des soins psychiatriques, et n'avait pas repris son emploi.

- décision le 15 février -

Selon la défense, l'enquête n'a pas permis depuis de rattacher M. Dejean au crime avec deux éléments principaux: "L'ADN retrouvé sur la victime est celui d'un homme mais pas le sien et la voiture aperçue sur les lieux était une Clio grise alors que la sienne était blanche".

En outre, M. Dejean "n'a jamais été reconnu par celui qui avait permis à la police de faire le portrait-robot" en 2013 et "les témoins auditifs de la scène n'ont pas reconnu sa voix", a fait remarquer Me Pierre Debuisson, son autre défenseur.

Pour Me Stéphane Julliard, l'avocat de la famille de Patricia Bouchon, "il y a assez d'éléments pour justifier le renvoi devant les assises afin qu'il y ait un débat". 

"Il n'y a pas la preuve de culpabilité mais ça mérite des échanges sur les tergiversations de l'accusé dans ses déclarations", a ajouté Me Julliard, soulignant que le suspect avait notamment d'abord déclaré "posséder une Clio" avant de se rétracter.

"Surprise" par cette réquisition, la fille de la victime, Carlyne Bouchon, veut cependant garder "confiance dans le travail de la justice". 

"C'est un coup de massue: il est difficile d'imaginer que tout va s'arrêter", a-t-elle dit à l'AFP, évoquant le travail des enquêteurs. Pour elle, "ce serait surprenant que les juges décident ce non-lieu. C'est même inimaginable".

L'arrêt de la chambre d'instruction a été mis en délibéré au 15 février.

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97 commentaires - Meurtre d'une joggeuse près de Toulouse: non-lieu requis pour le seul suspect
  • Je compatie énormément, mais il faut laisser les services spéciaux , il faut les laisser travailler, dans le calme et surtout sans médiat. c'est un travail minutieux et de longue haleine.
    même si beaucoup de personne ne sont pas d'accord.

  • Je compatie énormément, mais il faut laisser les services spéciaux , il faut les laisser travailler, dans le calme et surtout sans médiat. c'est un travail minutieux et de longue haleine.
    même si beaucoup de personne ne sont pas d'accord.

  • encore les beautés de notre système judiciaire : on garde un type en prison pendant des années sans aucune preuve , sur des présomptions ou des certitudes d'enquêteurs ou de procureurs (comme dans l'affaire Grégory ou Outreau) , pour finalement ne pas le poursuivre . et il aura doit à quoi ? trois mots d'excuse et 20.000 € ? ca va compenser tous ces gens qui le reste de sa vie vont le regarder de travers en pensant " il n'y a pas de fumée sans feu , s'il a été incarcéré c'est qu'il est coupable, il s'est juste débrouillé pour qu'il n'y ait pas de preuve", car à force de regarder les séries télé le vulgum pecus est persuadé de l’infaillibilité de la police...

  • C'est ce qui arrivera à LELANDAIS si l'on ne retrouve pas le corps de la fillette.

  • 4 ans pour rien uniquement sur des présomptions d'enquêteurs. Ce n'est pas normal !

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